Côte d’Ivoire : les dessous de la démission de Francis Wodié

Francis Wodié

Francis Wodié

Finies les supputations ! Francis Wodié a rendu le tablier. Alassane Ouattara a nommé ce mardi 3 février 2015, Koné Mamadou  en qualité de nouveau président du Conseil Constitutionnel. La rumeur de la démission du « Maître » se faisait insistante depuis un moment. Francis Wodié a déposé sa démission dans la soirée du lundi. L’autre nomination du jour, est celle de   René François Aphing-Kouassi à la tête de la Cour Suprême.

Le refus de céder

Et voilà une nouvelle intrigue sur l’épineux chemin de la réélection de Alassane Ouattara.  Le constitutionnaliste, Francis Wodié, n’aura pas cédé à la pression et aux chantages.

De quoi s’agit-il ?

Il se trouve qu’en l’état actuel, la constitution ivoirienne en son article 35,  ne permet pas une candidature de Alassane Ouattara. L’actuel président ivoirien a été fait candidat à titre exceptionnel pour la présidentielle de 2010. Une décision exceptionnelle prise dans le cadre du règlement de la crise politique ivoirienne (2002-2010)

La constitution de 2000 n’ayant pas été amendé à ce jour, les mêmes dispositions qui excluent M. Ouattara demeurent. L’actuel Président de la Côte d’Ivoire ne peut donc prétendre à une quelconque candidature en 2015. Et pourtant il est déjà candidat !

Comment sortir de l’étau ?

L’une des clés pour sortir de cet étau était de faire pression  sur Francis Wodié, à l’effet de trouver la parade et valider la candidature de l’actuel président. Là-dessus, le rigoureux constitutionaliste est resté de marbre. Francis Wodié, ne sait dire que le Droit.  Le plan B, pour s’assurer un passage en force, a consisté à nommer à ce poste un proche ou du moins, un très proche. Le choix s’est porté sur Koné Mamadou, qui du reste n’est pas un inconnu du microcosme politique ivoirien depuis cette dernière décennie. 

Ce magistrat hors hiérarchie, originaire du Nord, va se révéler aux ivoiriens à l’occasion de la crise militaro-politique (2002-2010). Koné Mamadou sera nommé au nom des Forces Nouvelles de Guillaume Soro, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice en 2005 sous Laurent Gbagbo. Ce poste, le magistrat va l’occuper jusqu’en  2010, avant d’être nommé  président de la Cour Suprême en mai 2011, après  l’avènement de Alassane Ouattara au pouvoir.

Assurément par anticipation,  Alassane Ouattara veut se mettre à l’abri de toute surprise même si cela devrait lui couter sa crédibilité. En effet, la présence du très respecté Francis Wodié au Conseil Constitutionnel,  constituait en lui seul le garant ou la caution morale de la présidentielle 2015. En déposant la clé sous le paillasson, Francis Wodié a plus que jamais jeté le pavé dans la mare.

Le débat sur une possible candidature ou non de Alassane Ouattara est plus que jamais lancé. Nommé en juillet 2011, Francis Wodié ne veut se rendre complice d’aucune forfaiture, il refuse toute compromission.

Jo Winner Saraka

Voici l’article 35 de la Constitution ivoirienne du 23 juillet 2000.

Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois.

Le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante-quinze ans au plus.

Il doit être ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine.

Il doit n’avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne.

Il ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité.

Il doit avoir résidé en Côte d’Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective.

L’obligation de résidence indiquée au présent Art. ne s’applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l’État pour occuper un poste ou accomplir une mission à l’étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques.

Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l’Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel.

Il doit être de bonne moralité et d’une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l’origine.

Jonas Saraka

Jonas Saraka

KOUAKOU Kouamé Jonas alias Jonas SARAKA. Licence de Journalisme, DEUG II en Sciences économiques.


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