Côte d’Ivoire : Nouvelle loi sur le mariage et après ?

Côte d’Ivoire : Nouvelle loi sur le mariage et après ?

21 novembre 2012, malgré les contestations qu’aura suscité le projet de loi sur le mariage, celui-ci sera adopté par le parlement ivoirien. Plus de six mois après son adoption, cette loi a-t-elle influencée fondamentalement le rôle de la femme dans la société ivoirienne ?

Jamais le vote d’une loi n’aura crée tant de controverses au sein de la société ivoirienne et du parlement. Ce nouveau texte modifie en profondeur celui en vigueur depuis 1964 et consacre pour l’essentiel, l’égalité entre l’homme et la femme dans le couple. La notion de chef de famille, devrait désormais revenir aux deux époux ou conjoints. Passé l’aspect émotif, la loi est bien là. Elle doit s’appliquer. Si nous observons une certaine indifférence, il ressort qu’à l’intérieur de la cellule familiale les femmes sont désormais appelées à plus de participation dans la répartition des charges. En réalité, à y voir de près l’adoption de cette loi confère à la femme au delà des ménages, plus de responsabilité dans la société et une plus grande place dans les prises de décisions. Dans une concurrence saine, les femmes pourront franchir tous les paliers et s’affirmer. Le concours de gendarmerie qui était exclusivement réservé aux hommes, est aujourd’hui ouvert à tous. Nous notons au niveau de l’armée la nomination d’une femme au poste de général des armées, le General Akissi. Il reste que le gouvernement lui-même à l’origine de cette loi a du mal à s’y adapter. La parité relative au genre, n’est pas des plus grandes priorités. Les vielles habitudes ont la peau dure peut être. Six mois après il serait précoce d’établir un bilan. Mais, à les voir dans les marchés, en entreprises, dans les bureaux, il est important de noter que les femmes ne veulent plus être en marge de cette société. Si seulement cela peut nous permettre d’aller de l’avant, ce serait tant mieux !

Revenant sur le vote de la loi sur le mariage, il apparaît que les réserves du groupe parlementaire du Parti démocratique de Côte d’ivoire (PDCI), émises lors de l’exposé des motifs, ne seront pas du goût de son allié du Rassemblement des Républicains (RDR). Aussi, avec l’exécutif qui s’invitera au débat, l’on a assisté à la dissolution du gouvernement conduit par Ahoussou Jeannot. Cette situation qui avait entraîné une tension vive mais sourdine entre les deux poids lourds de la sphère politique ivoirienne, il urgeait une rencontre au sommet entre le Chef de l’Etat et l’ex Président Bédié. Celle-ci aura dénoué la crise. Toutefois, Ahoussou Kouadio en sera la grosse victime. Il sera débarqué pour d’autres raisons de son poste de premier ministre et remplacé par Daniel Kablan Duncan. A la reprise des débats à l’assemblée nationale, cette loi passera comme lettre à la poste. Elle sera adoptée le 21 novembre dernier.

Ainsi, l’approbation de cette loi par le parlement sera diversement appréciée par la gente féminine, les « grandes » bénéficiaires de celle ci. Alors que les femmes d’un statut social plus aisé savourent leur victoire, celles des milieux défavorisés crient leur désaccord. Pour ces dernières, cette loi devrait leur créer plus de problèmes que d’en résoudre. Pour Mme Gnahoua, « cette loi porte atteinte à l’unité familiale. Elle est en contradiction flagrante avec nos mœurs. Chez moi, mon mari est toujours le chef de famille. Les députés auraient pu en tenir compte ». Celine Doh, cadre d’entreprise exprime une opinion contraire. Pour elle, «  Je ne comprends pas la crainte que soulève cette loi et encore moins la réaction des femmes. Elles ont toujours revendiqué ce droit d’être traitées sur le même pied d’égalité avec les hommes et de se faire une place au sein du foyer. Pourquoi fuient-elles leurs responsabilités ? ». Du coté des religieux, il n’y a pas de sons discordants. Ils sont tous unanimes sur le fait que cette loi est tout le contraire des prescriptions des livres saints.

Contre vents et marée, la loi sur mariage sera adoptée. La célérité avec laquelle elle l’a été, cache bien d’interrogations. A qui devrait-elle profiter réellement ?

 

 Jonas Saraka
Abidjan-Œil d’Afrique

Jonas Saraka

Jonas Saraka

KOUAKOU Kouamé Jonas alias Jonas SARAKA. Licence de Journalisme, DEUG II en Sciences économiques.


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