Côte d’Ivoire: Ouattara refuse de livrer Simone Gbagbo à la CPI

Côte d’Ivoire: Ouattara refuse de livrer Simone Gbagbo à la CPI

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Simone Gbagbo à Abidjan, en janvier 2011|AP

Simone Gbagbo à Abidjan, en janvier 2011|AP

Le 17 décembre dernier, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara n’a pas donné suite favorable à la demande de la CPI concernant l’extradition de Simone Gbagbo vers La Haye.

Recevant le rapport de mission de la Commission dialogue vérité et réconciliation (CDVR), Alassane Ouattara avait laissé entendre que la justice ivoirienne est sur les rails et qu’elle  avait les moyens de garantir un procès équitable à tous.

Au niveau de la CPI, on n’est pas de l’avis de la Côte d’Ivoire et la procureure Fatou Bensouda chercherait à faire avorter les poursuites contre le camp Gbagbo, si le pouvoir ivoirien refuse de collaborer avec l’institution internationale.

Mais le refus d’Abidjan met à mal le fonctionnement de la CPI accusée de ne poursuivre que les pro-Gbagbo. Pour plusieurs acteurs, le président ivoirien cherche des moyens de protéger ses proches impliqués dans la crise postélectorale qui a fait des milliers de morts.

En effet, en livrant Simone Gbagbo à la CPI, Alassane Ouattara est conscient que les prochaines personnes qui seront réclamées par la CPI viendront de son camp. Moreno Ocampo avait déjà annoncé que la CPI cherche six présumés coupables dont trois dans chaque camp pour le dossier ivoirien.

Préoccupé par la prochaines élection  présidentielle pour laquelle il devrait avoir une nouvelle et bonne image, il serait illusoire que de croire que l’homme fort d’Abidjan allait collaborer avec la CPI. Le refus de livrer Simone Gbagbo à la CPI protège son camp jusqu’aux prochaines échéances électorales.

Certains experts en déduisent alors que Fatou Bensouda devrait abandonner les poursuites contre le camp Gbagbo et permettre à l’ancien président et son ancien ministre Charles Blé Goudé de recouvrer leur liberté.

Ce bras de fer arrive alors que l’instance pénale internationale a maille à partir avec les dirigeants du continent africain. Elle est accusée de manque de crédibilité suite à l’abandon des poursuites contre les chefs d’Etat Kényan Uhuru Kenyatta et Soudanais Omar el Béchir pour faute de preuves pour étayer les accusations.

Dans la foulée, Yoweri Musseveni le président ougandais a demandé aux pays africains de se retirer de la CPI.

© OEIL D’AFRIQUE



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