CPI : Laurent Gbagbo accusé d’avoir élaboré et mis en œuvre un Plan commun de crimes planifié

CPI : Laurent Gbagbo accusé d’avoir élaboré et mis en œuvre un Plan commun de crimes planifié

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L'ex-Président ivoirien

L’ex-Président ivoirien

Le procès de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo est imminent. C’est ce qu’on peut en déduire du fait que la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda ait déposé son dernier document amendé d’accusation. Au rang des accusations, on retient contre Laurent Gbagbo le Chef de crimes contre l’humanité. Le document déposé auprès de la Chambre préliminaire 1 évoque un « Plan commun de crimes conçu et mis en œuvre par Gbagbo et ses proches pour se maintenir au pouvoir ».

Le document détaille le contexte et la structure du Plan commun. « Sachant l’élection présidentielle inévitable, GBAGBO a conçu et mis en œuvre un Plan commun, conjointement avec son entourage immédiat, en vue de se maintenir à la Présidence par tous les moyens nécessaires, y compris par le recours à la force létale », indique ce document de 96 pages. Il retrace en outre l’évolution de la vie politique ivoirienne depuis l’indépendance (1960), insistant sur le contexte ayant conduit à la conception de ce plan. L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo (68 ans) est accusé de crimes contre l’humanité commis durant la crise postélectorale ivoirienne (fin 2010-avril 2011).

« Gbagbo a planifié, organisé, coordonné, ordonné, encouragé, autorisé et permis diverses mesures pour réaliser le Plan commun et les crimes reprochés. En application de ce plan, des centaines de civils ont été persécutés, attaqués, tués, blessés et violés », peut-on lire dans le document de Fatou Bensouda. La procureure indique dans le document que le plan commun envisageait une attaque généralisée et systématique contre les civils considérés comme des partisans d’Alassane Ouattara. Pour elle, Laurent Gbagbo lui-même donnait les instructions qui sont exécutées par des membres de son entourage immédiat dont l’ex-leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, et son conseiller à la défense, Bertin Kadet.

Le système aurait réussi grâce à une structure parallèle au sein des Forces de défense et de sécurité (FDS), dirigée par l’ex-commandant de la Garde républicaine, le général Bruno Dogbo Blé, qui prenait directement ses ordres auprès de Laurent Gbagbo. Fatou Bensouda fonde son accusation sur les plus de 800 actes commis contre des civils lors de 39 incidents, y compris quatre incidents pour lesquels la responsabilité pénale de Gbagbo est engagée.

Il s’agit de la répression, le 16 décembre 2010, pendant et après une marche des partisans d’Alassane Ouattara qui se rendaient à la maison de la RTI, la télévision nationale, la répression, le 3 mars 2011, à l’arme lourde d’une manifestation de femmes pro-Ouattara dans la commune d’Abobo (Abidjan-Nord), le bombardement « à l’aide de mortiers d’un secteur densément peuplé » dans la même commune, le 17 mars 2011, et l’attaque d’un quartier précaire de Yopougon (Abidjan-Ouest), le 12 avril 2011.

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En plus de ses responsabilité, Laurent Gbagbo devra répondre pour des meurtres, viols, autres actes inhumains et de persécution de population civile pour lesquels il est soupçonné d’être co-auteur indirect parce que ces crimes auraient résulté de la mise en œuvre du Plan commun, à en croire le document d’accusation. Laurent Gbagbo et ses avocats ont jusqu’au 13 février pour transmettre leurs observations sur les éléments de preuves de l’accusation. La crise postélectorale en ôte d’ivoire avait fait quelque 3000 morts. Plusieurs observateurs affirment que cette crise est née du refus de M. Gbagbo de céder le pouvoir à son adversaire, Alassane Ouattara, après sa défaite au second tour de l’élection présidentielle de novembre 2010.

Didier Assogba
Oeildafrique.com

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