Crise en RDC : Le sommet de Kampala demande au M23 l’arrêt des hostilités

Crise en RDC : Le sommet de Kampala demande au M23 l’arrêt des hostilités

De g à d: les présidents kényan Mwai Kibaki, congolais Joseph Kabila et ougandais Yoweri Museveni lors du sommet de extraordinaire de Kampala
© AFP Peter Busomoke

Des dirigeants africains de la région des Grands Lacs réunis samedi à Kampala ont demandé aux rebelles du M23 d’arrêter la guerre en République démocratique du Congo (RDC) et de se retirer de Goma (est) « sous 48 heures », tout en assurant que Kinshasa pourrait prendre en compte leurs revendications « légitimes ».

Le président congolais Joseph Kabila participait à ce sommet extraordinaire. A la question de savoir s’il était satisfait de la réunion, le chef de l’Etat a simplement répondu qu’il serait satisfait « quand la paix reviendrait » dans l’est de son pays.

La réunion a été marquée par l’absence de son homologue rwandais, Paul Kagame. Des responsables ougandais avaient pourtant assuré que le sommet serait « dénué de sens » si MM. Kagame et Kabila n’y assistaient pas conjointement.

Le rôle du Rwanda dans la rébellion suscite en effet la controverse: Kigali est accusé par des experts de l’ONU d' »apporter un soutien militaire direct » à la rébellion congolaise du M23 qui a pris mardi la ville de Goma et des objectifs stratégiques dans l’est de la RDC, région riche en ressources minières, frontalière du Rwanda.

Dans leur déclaration finale, les dirigeants africains ont sommé les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) de stopper les hostilités et de se retirer « d’ici 48 heures » de Goma.
Le ministre ougandais des Affaires étrangères, Sam Kutesa – lisant un texte qui différait légèrement des conclusions finales du sommet remises à la presse – a déclaré que le M23 devait se retirer à « au moins 20 kilomètres au nord de Goma », ce qui correspond aux positions que tenaient les rebelles près de Kibumba avant de lancer leur attaque sur Goma.

La force des Nations unies en RDC – la Monusco qui compte 17.000 hommes – est supposée « occuper et sécuriser une zone neutre entre Goma et les nouvelles zones occupées par le M23 », selon le communiqué.

Les dirigeants africains ont aussi déclaré que le M23 devrait arrêter de « déclarer qu’il faut renverser le gouvernement élu » en RDC. En échange, le gouvernement congolais serait prêt à « écouter, évaluer et prendre en compte les revendications légitimes » des rebelles, ont-ils ajouté. Ils ne sont toutefois pas allés jusqu’à évoquer la possibilité d’un « dialogue » comme l’avait demandé le M23.

Jeudi, le chef politique de la rébellion, Jean-Marie Runiga Lugerero, avait posé comme « préalable » à tout retrait du M23 de Goma de « dialoguer » avec M. Kabila. Il avait évoqué « des problèmes et des revendications spécifiques au M23 », mouvement de mutins qui combattent l’armée depuis le printemps, mais il avait aussi mis en avant « le problème de la démocratie en RDC » ou encore « des problèmes sociaux ».

Sassou Nguesso à Kigali

Les présidents Mwai Kibaki du Kenya et Jakaya Kikwete de Tanzanie participaient au sommet, présidé par le chef de l’Etat ougandais Yoweri Museveni.

Outre le Rwanda, l’Ouganda a aussi été accusé par l’ONU de soutenir militairement le M23, ce que Kampala a démenti catégoriquement.

De son côté, le président congolais Denis Sassou Nguesso s’est rendu samedi à Kigali, officiellement pour évoquer les « relations bilatérales » avec Paul Kagame. Il a été accueilli à sa descente d’avion par le ministre rwandais de l’Intérieur, James Kabarebe.

Déjà, mercredi, les présidents Kabila, Kagame et Museveni s’étaient réunis en urgence à Kampala et avaient sommé le M23 de mettre fin à son avancée et de se retirer de Goma, quelques heures après la chute de la ville.

Une délégation du M23 se trouve actuellement à Kampala, mais pas sur les lieux du sommet. Des représentants des rebelles devaient avoir des discussions séparées samedi après-midi avec le président ougandais.

Sur le terrain du conflit, à Goma, la présence des rebelles en armes était plus discrète samedi que ces derniers jours, a constaté une journaliste de l’AFP. Selon le colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire de la rébellion, « les troupes (du M23) ne sont plus dans la ville, nous l’avons démilitarisée », a-t-il affirmé à l’AFP. « Il reste l’état-major »militaire et les policiers, a-t-il ajouté.

Les rebelles tiennent aussi depuis mercredi la localité de Sake, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Goma. Jeudi, autour de Sake, les rebelles avaient repoussé une contre-offensive de l’armée loyaliste alliée à une milice locale, qui s’étaient repliés à environ 12 km au sud, a constaté samedi un photographe de l’AFP. Samedi matin, des membres de la Croix-Rouge ont ramassé et enterré quelques cadavres dans la zone où les affrontements se sont déroulés au sud de Sake.

Plusieurs milliers de personnes avaient fui les combats pour se rendre dans un camp de déplacés près de Goma où l’aide humanitaire commençait à arriver, notamment de la nourriture.

Avec AFP

Bona

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