Crise malienne : Union africaine cherche onction onusienne

Crise malienne : Union africaine cherche onction onusienne

Le chef de l'État béninois et président en exercice de l'Union africaine (UA), Thomas Boni Yayi

L’idée avait été émise par Thomas Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine. Comme bien d’autres avant elle, on la croyait envolée ou, pire, tombée aux oubliettes. Voilà cependant que la proposition du président béninois vient de refaire surface ce mercredi en marge du sommet annuel de l’UEMOA, tenu à Lomé. Ainsi, les chefs d’Etat ouest-africains ont entériné l’idée émise par leur pair de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu pour «un recours à la force» dans la résolution de la crise malienne.

Outre les dirigeants d’Afrique de l’Ouest, on aura remarqué la présence, dans la capitale togolaise, du Congolais Dénis Sassou N’guesso, président en exercice du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, venu spécialement de Brazzaville donner une ampleur et une légitimité toutes continentales à cette décision au sommet.

Ainsi, après moult hésitations et messages contradictoires, la communauté africaine semble, pour une fois, parler le même langage concernant les voies et moyens d’une sortie de crise au Mali. Cette démarche, semble-t-il, a pour objectif d’obtenir un soutien à la consolidation du processus de transition, qui peut passer, si nécessaire, par le déploiement d’une force de transition ; un soutien qui passera également par la médiation pour une solution négociée en vue de restaurer l’intégrité territoriale du pays. En cas d’échec, l’intervention militaire n’est pas exclue.

Ce «recours à la force», certains Maliens, las de voir les deux tiers de leur pays aux mains des rebelles, y appellent de tous leurs vœux. Sont de ceux-là les membres du Front du refus, une coalition de partis anti-putsch, qui espèrent y voir le fer de lance d’une opération visant à sécuriser la transition à Bamako et à aider le Mali dans sa reconquête de la région septentrionale, contrôlée par des groupes armés sécessionnistes et islamistes.

Maintenant que la sous-région et l’Union africaine montrent les signes d’une certaine unanimité sur la question, on s’attend dans les prochains jours à voir leurs émissaires faire le chemin de New York dans l’espoir d’y trouver le soutien tant attendu.

Quelle que soit cependant la suite réservée à ces démarches onusiennes, on peut d’ores et déjà dire qu’à Lomé un grand pas a été franchi. Le continent aura parlé d’une seule voix sur une question qui pourtant est encore loin de faire l’unanimité. «Alea jacta est».

H. Marie Ouédraogo

Bona

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