Cuisant échec de la diplomatie africaine et internationale sur l’Est de la RDC?

Cuisant échec de la diplomatie africaine et internationale sur l’Est de la RDC?

De nouveau, l’Est de la RDC, notamment la province du Nord-Kivu, est à feu et à sang. Comme toujours, la population civile est prise dans l’étau des violences et tente de se mettre à l’abri, en trouvant refuge à Goma, la capitale de la province, ou au Rwanda, le pays frontalier. Depuis le dimanche 14 juin dernier, en effet, les F.a.r.d.c (Forces armées de la République Démocratique du Congo) ont lancé une offensive contre les groupes rebelles du M23, pour reprendre le contrôle des principales localités de la province du Nord-Kivu et anéantir le mouvement rebelle.

Seulement, la reprise des violences a jeté sur la route, comme d’habitude, des milliers de déplacés et réfugiés, aggravant ainsi l’insécurité dans la zone, avec de graves conséquences humanitaires. Fuyant des combats violents, au niveau des zones de Rusayo, Muja et Mutaho, dans le Nord-Kivu, plus de six cents réfugiés congolais étaient accueillis, le week-end dernier, au Rwanda, dans le secteur de Busasamana (district de Rubavu). D’autres déplacés ont trouvé refuge à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.
La reprise des affrontements a aussi aggravé la crise dans la sous-région, avec cette accusation du gouvernement rwandais contre les F.a.r.d.c, d’avoir bombardé deux villages rwandais. Par ailleurs, le représentant du Rwanda à l’Onu a accusé, dans une lettre adressée au conseil de sécurité, la brigade d’intervention de la Monusco (Mission de l’Onu en RDC) de collaborer avec les rebelles du F.d.l.r, liés au génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994. Ces graves accusations, quoique démenties par le gouvernement de Kinshasa et la Monusco, ne sont pas pour apaiser le climat entre pays voisins, membres de la C.i.r.g.l (Conférence internationale sur la région des Grands-Lacs), quand on sait que le Rwanda est, lui-même, accusé de soutenir les rebelles du M23.
Comme on peut le remarquer, la reprise des hostilités armées sonne l’échec de l’accord de paix sur la RDC, signé le 24 février dernier, au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba (Ethiopie), par onze pays africains, en présence du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, et de la présidente de la commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma. Salué par tous, cet accord a pour objectif de restaurer la paix à l’Est de la RDC, en proie à des conflits armés à répétition, par le déploiement d’une force internationale neutre de quatre mille hommes, censée anéantir les forces négatives qui empoisonnent la vie dans cette région. Alors que le processus de mise en œuvre de l’accord a, à peine, démarré, après la visite de Ban Ki-Moon à Kinshasa, Goma et Kigali, en mai dernier, le voilà déjà mis à mal par la reprise des hostilités armées. Le gouvernement de Kinshasa a choisi la voie militaire, prenant ainsi le risque d’être accusé d’avoir violé l’accord d’Addis-Abeba, pour en finir avec le M23. Un changement d’option qui a pris tout le monde de court.
Mouvement rebelle armé formé par d’anciens soldats de l’armée congolaise, qui s’étaient mutinés en mai 2012, pour réclamer la pleine application d’un accord de paix signé en mars 2009 entre le gouvernement congolais et le C.n.d.p, le M23 avait occupé la ville de Goma, en novembre 2012, avant de s’en retirer, sous la pression de la communauté internationale et des pays voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Leur retrait était rendu possible par l’ouverture de négociations avec le gouvernement de Kinshasa, à Kampala (Ouganda); des négociations qui, malheureusement, n’ont abouti à rien de concret, jusque-là.
Aujourd’hui, les regards sont tournés du côté des Nations unies et du président congolais, Denis Sassou Nguesso, pouvant jouer les bons offices, pour ramener les parties impliquées sur la table de négociations. L’Est de la RDC, avec ses conflits à répétition et leurs cortèges de drames humanitaires et de saccage des droits de l’homme, est un véritable casse-tête chinois pour la diplomatie internationale. Et pourtant, il faut bien parvenir à y rétablir la stabilité, la sécurité et la paix.

Photo: Phil Moore/AFP

Joachim MBANZA / L.A

Bona

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