Dans une dictature africaine, le peuple est sous-informé, alors que dans une «grande démocratie» occidentale, il est désinformé.

Dans une dictature africaine, le peuple est sous-informé, alors que dans une «grande démocratie» occidentale, il est désinformé.
Manifestation parisienne (image d'archives)

Manifestation parisienne (image d’archives)

Je vais être un peu cynique. Au regard de tout ce que l’on observe ces derniers temps en Occident, notamment en France, honnêtement, bien que personne n’accepterait d’évoluer sous un régime despotique, je me dis quand même qu’il serait peut-être «plus acceptable» de naître sous une dictature africaine que sous une «grande démocratie» occidentale.

Pourquoi? Parce que dans une dictature africaine, le peuple est constamment sous-informé, alors que dans une «grande démocratie» occidentale, il est superbement désinformé. Conséquence : on a d’une part des gens ( Africains) qui ne comprennent peut-être pas grand-chose, mais qui sont conscients de leur condition; et d’autre part des moutons qui s’ignorent, des gens qui pensent savoir tout alors qu’ils ne comprennent absolument rien. Pire, ils ne sont même pas conscients de leur condition d’esclaves du système qui les informe en les désinformant.

Comme j’ai eu à le dire une fois : généralement, un journaliste africain qui fait de la propagande pour le compte du pouvoir sait au fond de lui qu’il ment, alors qu’un journaliste occidental qui fait de la propagande pour le compte du pouvoir est convaincu de dire la vérité.

Sur ce, je bois mon lait en gardant une pensée pour le frère «Dieudonné Charlie Coulibaly», victime de la liberté d’expression. Je me demande bien où se trouvent tous ces nègres «Charlies africains» pour défendre la victime Dieudonné Officiel?

Patrick Mbeko
Auteur / Analyste Politique

Patrick Mbeko

Patrick Mbeko

L'analyste des questions géopolitiques.


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Espace commentaire
  1. charles
    charles 16 janvier, 2015, 22:56

    Bonjour M. Mbeko,
    Je suis français et je lis quotidiennement Oeil d’Afrique. Globalement, je partage votre vision et je suis aussi scandalisé que vous par les relations injustes qui unissent votre continent au mien. Mais là, votre analyse me laisse perplexe.
    Certes il existe dans nos grandes démocraties des « moutons qui s’ignorent ». Mais de là à faire des généralités… J’espère que vous vous doutez qu’il y a, tous les jours, des débats sur la liberté d’expression, et notamment sur la différence de traitement entre Charlie Hebdo et Dieudonné. La situation est un peu plus complexe que cette vision tranchée que vous exposez!

    Voilà des extraits d’un article de Mediapart (journal français, plus de 100 000 abonnés) qui prouve qu’il y a bien des voix dissonantes, et à mon sens, réfléchies, dans la presse française. J’espère que ces passages vous feront changer d’avis sur les grandes démocraties et que vous aurez une meilleure estime du peuple français (qui ne pense pas comme ses dirigeants), tout comme j’ai une haute estime des peuples des Etats africains.

    « la question du deux poids deux mesures est légitime, et notamment dans la comparaison Charlie Hebdo/Dieudonné. Il ne faut pas disqualifier les personnes qui posent cette question au motif qu’elles seraient des antisémites ou des ennemis de la République Le seuil de tolérance n’est pas le même pour tous les racismes. Le dire ne doit pas rendre suspect de quoi que ce soit. Ce qui pose problème c’est l’interprétation que Dieudonné donne de ce « constat factuel » : Il en a une lecture raciste en expliquant que ces différences s’expliquent par le fait que les juifs dirigent le monde. C’est une interprétation délirante. »

    « Je ne suis pas convaincu non plus par les condamnations en justice de Dieudonné. Je suis favorable à une liberté d’expression maximale à laquelle on puisse opposer la liberté de critique. Et pour moi, la lutte contre le racisme ne doit pas passer par la justice. On ne doit pas remettre entre les mains des juges le soin de labelliser ce qui est raciste et ce qui ne l’est pas. Car le plus dangereux est que cela donne un blanc-seing à ceux qui ne sont pas condamnés, et qui peuvent s’en prévaloir. »

    Pour Abdelkrim Branine, la critique de la seule religion n’excuserait de toute façon pas tout : « Le dessin du prophète avec le turban en forme de bombe, c’est un amalgame dégueulasse, terrible. » Un avis partagé par Pierre Tevanian : « Ce n’est pas un dessin d’un marionnettiste ayant dans sa main le prophète qui porte une bombe. On laisse donc entendre que toute personne qui se réfère à ce prophète est un criminel en puissance. »

    « L’idée générale est qu’un propos ne doit pas inciter à la haine. Donc on peut s’en prendre aux idéologies. Ce n’est pas de la haine de dire qu’on n’aime pas dieu. En revanche, on ne peut pas attaquer les gens qui pratiquent. On ne peut pas caricaturer les musulmans qui prient car cela s’approche de la haine.
    Les associations musulmanes qui ont poursuivi Charlie n’ont pas attaqué les bons dessins. Si elles avaient attaqué des caricatures de musulmans plutôt que du prophète, je pense que le jugement n’aurait pas nécessairement été le même. »
    « En France, on est très marqués par la tradition de Voltaire, et on ne condamne pas facilement sur la dérision, qui peut être poussée très loin. Mais la tradition, c’est la satire des religions. Or l’antisémitisme n’est pas une critique de la religion. C’est un préjugé racial. »

    « Aujourd’hui, la focalisation se fait plus sur l’islam que sur l’immigration. La pénalisation de l’antisémitisme est liée à l’histoire. L’arsenal contre le racisme paraissait suffisant jusqu’aux années 2000. Ce n’est peut-être plus le cas aujourd’hui. Mais en aucun cas Dieudonné ne doit être une référence dans ce débat. Cela ne doit pas s’articuler autour de lui. »

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    • Gérald
      Gérald 1 février, 2015, 04:34

      aussi intelligent, et pertinent ton point de vue M Charles ! si nous pouvons tous essayer d’être rationnel dans nos imaginations, le monde retrouvera vite son bon sens !

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  2. macktchicaya
    macktchicaya 4 février, 2015, 18:39

    L’éthique, la rationalité le légalisme et le bon sens, toutes ces caractéristiques comportementales existent mais il ait des personnes aujourd’hui dans certains pays d’Afrique qui passent outre cela pour s’éterniser au pouvoir malgré qu’elles prêtent serment devant des constitutions que déjà elles mêmes ont du mal à appliquer.

    Oui la dictature existe et c’est un mode de gouvernance que souvent on trouve dans les pays pauvres où le vote du citoyen n’est pas considéré. L’information ne circulant pas assez sinon de manière biscornue, les pouvoirs Africains usent donc de la force pour faire accepter leurs idées de soumission des peuple.La désinformation et la manipulation existent également en sus du fait que les oppositions manquent de lieux d’expression. Les presses sont muselées; au point de croire les télévisions nationales sont la propriété des hommes forts au pouvoir, le culte de la personnalité demeure à cet effet le seul mode opératoire de faire admettre à la population que celui qui est aux commandes est le seul à pouvoir conduire le pays au firmament.

    Si en occident la presse traite les questions de l’islam et de l’immigration avec un brin de non objectivité par ailleurs il y’a ds voix qui traitent ces questions de manière objectives et sans passion aucune. La séparation des pouvoir ici dans ces pays est claire contrairement en Afrique où souvent la presse est contrôlée par le régime en place. La justice est impartiale dans des démocraties occidentale ce qui est vrai dans l’ensemble,mais que dire des pays sous développés qui confondent la démocratie aux pratiques Africaines de la gouvernance.

    Oui c’est vrai il y’a des égarements des fois lors de certaines émissions télévisées ou de radio mais l’on ne peut prendre cela pour une généralité comparativement aux pays Africain où la télé existe pour vanter et chanter les présidents. Le jour que cela tournera au profit de la liberté d’expression alors l’Afrique aura fait un bond en avant.

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