Denis Sassou N’Guesso et Pascal Lisouba: Une leçon de fair-play politique

Denis Sassou N’Guesso et Pascal Lisouba: Une leçon de fair-play politique
Une leçon de fair-play politique

Denis Sassou N’Guesso et Pascal Lisouba

C’était le 31 août 1992. Ce jour-là, Denis Sassou N’Guesso passait la main à Pascal Lissouba. La passation des pouvoirs s’était déroulée au Palais du peuple entre les deux chefs d’État. Aucun de leurs collaborateurs n’avait participé à la cérémonie. Le Congo venait ainsi de donner à l’Afrique et au monde une belle leçon de convivialité démocratique qui augurait un bon déroulement du processus entamé à la Conférence nationale souveraine.

Dans une déclaration à la presse, le président sortant avait déclaré qu’il quittait ses fonctions avec satisfaction : satisfaction d’avoir permis au pays d’écrire une nouvelle page de son Histoire, différente de celle d’une présumée Afrique qui ne serait pas prête pour la démocratie, comme aurait presque dit l’ancien président français, Jacques Chirac.

Dans un continent où l’on nous a habitués à des changements violents, on aurait pu effectivement, sans la sagesse du président Denis Sassou N’Guesso, s’attendre à une ambiance électrique et tourmentée. Il faut lui savoir gré, grâce à son attitude responsable et pleine de fairplay politique, d’avoir permis au Congo de réussir ses premières élections de l’ère démocratique et de belle façon. En effet, après le premier tour de l’élection présidentielle, Denis Sassou N’Guesso accepta, de bonne grâce, le verdict des urnes. Au deuxième tour, il appela ses électeurs à reporter leurs voix sur le candidat Pascal Lissouba. Ce report pesa manifestement dans la victoire de ce dernier sur Bernard Kolélas, l’autre candidat de cette joute présidentielle. Tout s’était donc passé d’admirable façon, sans heurts et sans couacs.

La récente élection législative du mois de juillet dernier, marquée par une écrasante victoire du Parti congolais du travail (PCT), a donné lieu à une foire d’empoigne verbale où les arguments volaient au ras des pâquerettes. Certains ont donné la
désagréable impression d’ignorer qu’une élection se prépare de longue date. C’est ce qu’a judicieusement fait le PCT. Pendant qu’il occupait le terrain, les autres s’étripaient. Dans ces conditions, sauf une mauvaise foi évidente, on ne peut s’étonner de ce raz-de-marée.

Accepter sa défaite, sans état d’âme et sans gesticulations inutiles est le fondement de l’attitude démocratique. Ce que fit, il y a vingt ans, Denis Sassou N’Guesso qui aurait pu contester les résultats et mettre le processus démocratique en danger.Avec la mauvaise foi, on peut tout contester, même l’évidence. Au nom de l’intérêt supérieur de la nation, en1992, Denis Sassou N’Guesso a joué, jusqu’au bout, le jeu démocratique.

C’est cette admirable attitude qu’il faut méditer aujourd’hui, afin que la démocratie triomphe et entre définitivement dans les moeurs. Par cette action digne, il avait balisé la route de la démocratie. Mais les Congolais étaient-ils prêts à l’imiter dans cette voie ? C’est là que l’assertion chiraquienne conserve son actualité, même si les théories politiques sont toujours fumeuses.

Au regard des accès quinteux d’un processus démocratique encore branlant, on peut légitimement se poser la question sur notre capacité à faire vivre la démocratie dans notre pays, vingt ans après la belle leçon politique de Denis Sassou N’Guesso.

Mfumu

 


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[GARD align= »center »] Il y a souvent dans nos échanges un problème qui me semble fondamental, qui est celui du paradigme.

4c ommentaires

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  1. Prophète
    Prophète 31 août, 2012, 18:15

    journaliste hypocrite, nous n’en avons pas besion.de quelles élections législatives parlez-vous? et pourquoi avez vous signé votre article avec un pseudo? parce que votre consciente vous accuse d’avoir fabriqué un article à tout va, à la gloire du chemin d’aventure; honte à toi journaliste BOUKOUTEUR.

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  2. Prophète
    Prophète 31 août, 2012, 18:23

    Quand on revient cinq ans plutard assassiner son peuple pour assouvir sa soif de pouvoir de quel fair-play parlez-vous? honte à vous journaliste , vous publier des tissus des mensonges; et comment donc et par quel moyen ton PCT est-il revenu au pouvoir; mais dites -moi, votre conscience ne vous harcele-t-elle pas quand vous vous mettez à débitez ce genre des mensonges? parlez donc de l’arrivée musclée de Sassou au pouvoir en 1997.

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    • MuanaCongo
      MuanaCongo 31 août, 2012, 23:05

      Arrêt un peu Prophète. si j’ai bien compris, on parle d’un fait bien précis qui avait une connotation de faire play. la passation de pouvoir. tu peux détester sassou. c’est un droit et t’as surement raison. Mais à mon avis t’es hors sujet.

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  3. Paul
    Paul 11 novembre, 2014, 15:40

    Quel tissu de mensonge!
    C’est vraiment honteux de voir des compatriotes refuser de voir la vérité en face. Mr Nguesso n’a jamais été démocrate,
    Il a détruit le Congo et vous refusez de l’admettre?
    Son apport net sur le Congo est négatif. Il a détruit la richesse du Congo et n’a donc aucun mérite. Son nom sera effacer de la conscience même des congolais, j’en suis certain.
    Paul.

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