Denis Sassou Nguesso : « L’Europe et l’Afrique devraient se mettre ensemble pour avancer »

Denis Sassou Nguesso : « L’Europe et l’Afrique devraient se mettre ensemble pour avancer »

[GARD align= »center »]

Le président congolais Denis Sassou Nguesso Capture d'écran

Le président congolais Denis Sassou Nguesso (Photo Capture d’écran)

Après le Sommet de Bruxelles, le président congolais Denis Sassou Nguesso, qui est également médiateur dans la crise centrafricaine est revenu sur la situation dramatique et tragique qui a court dans le pays avec des affrontements entre Séléka et Anti-balaka, des exactions des milices Anti-balaka sur les populations musulmanes.

Dans un entretien avec euronews, il est revenu sur les relations entre l’Europe et l’Afrique, sur la question des biens mal acquis, le fonctionnement de la Cour Pénale Internationale (CPI) et sur son avenir à la tête de la République du Congo.

Sur la situation qui prévaut en République centrafricaine, Denis Sassou-Nguesso reconnaît que l’organisation de l‘État laisse à désirer. Il qualifie la situation d’un défi politique et institutionnel important. « Aujourd’hui, il y a 6 000 hommes de l’Afrique centrale qui sont en République centrafricaine, avec une prise de position des dirigeants d’Afrique centrale qui a stoppé quand même, à certains moments, des situations qui auraient pu tourner au désastre. Et puis, l’Union Africaine a pris le relai au travers de la MISCA et aussi avec le soutien de l’Union européenne et la prise de position du Conseil de sécurité des Nations Unies », a-t-il déclaré

Le médiateur de la crise centrafricaine exclut toute idée de partager de la République Centrafricaine. « C’est, je pense, ce qu’il faut éviter. Parce qu’au moment où l’on parle, l’Europe est à 28, l’Afrique a longtemps été morcelée, nous parlons plus d’intégration, de grands ensembles sous régionaux en Afrique.

Je ne vois pas ce que pourrait donner un nouveau morcellement de petits États qui déjà avaient été coupés en petits morceaux en dépit du bon sens. Je pense qu’avec le soutien des partenaires et le renforcement … on doit éviter la partition du pays et aller vers la normalisation de la situation sur l’ensemble du territoire et donc une certaine stabilisation et ouvrir la voie à un dialogue », soutient Sassou Nguesso qui appelle les partenaires à apporter un soutien logistique et financier à la MISCA et un soutien financier et technique au gouvernement de Catherine Samba-Panza.

Abordant la politique intérieur du Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso dit suivre le débat qui est ouvert dans le pays à propos des prochaines échéances électorales. M. Nguesso assure ne pas avoir pris une décision de se présenter ou non à ces échéances. Il avance vouloir écouter le peuple parce que, selon lui, cela ne peut pas se faire sans le peuple.

Sur le dossier des Biens mal acquis, dans lequel des plaintes ont été déposées en France par des associations contre la famille Sassou et d’autres Chefs d’Etat africain, Denis Sassou-Nguesso dit avoir décidé de ne plus parler de la question. Toutefois, il a déclaré : « Ceux qui pensent qu’ils peuvent marcher sur la souveraineté des autres États, des autres peuples… J‘étais déjà arrivé au point où j’observais pour voir jusqu’où ils pouvaient aller avec l’outrance et la provocation ».

Le président congolais a également dans son viseur la Cour pénale internationale (CPI) qui poursuite en majorité les africains. Une situation qu’il trouve inacceptable. « Si l’Afrique observe, qu’alors que se produisent des drames ici et là dans le monde, et la Cour pénale internationale ne fait rien, et que chaque jour, on va trouver dans tel ou tel pays d’Afrique un poisson, quelqu’un à juger, nous trouvons cela inacceptable », indique Denis Sassou Nguesso qui soutient que des drames et des choses graves se produisent dans le monde mais sur lesquels la Cour pénale internationale se tait.

«… C’est devenu la mode, une facilité comme cela : tous les deux mois, on apprend que telle autorité, même des chefs d‘États en exercice, sont traînés là-bas à la Cour pénale internationale. Cela devient inacceptable. C’est le point de vue des dirigeants africains aujourd’hui. Cela ne signifie pas que nous retirons à la Cour le droit d’exercer ses pouvoirs. Nous voulons que cela se fasse de la même manière avec tous les États, tous les dirigeants du monde », précise M. Sassou Nguesso.

Sur la question d’un nouveau partenariat commercial entre l’Union européenne et l’Afrique avec les nouveaux taux de croissance africains, le président congolais pense qu’il faudra créer de la valeur ajoutée, des emplois, former des hommes sur le continent, élever le niveau de développement de l’Afrique pour des échanges qui prendront des volumes plus importants. « L’Afrique ne peut pas seulement se contenter d’ouvrir ses marchés pour recevoir les produits sans être en mesure de vendre elle aussi… », a-t-il dit.

M. Sassou Nguesso plaide pour des relations gagnant-gagnant, beaucoup plus que dans une relation unilatérale comme cela a été le cas jusque-là. « Comme cela a été le cas depuis la colonisation et peut-être jusqu‘à maintenant. Et donc obtenir que l’Europe s’engage à fournir à l’Afrique, à un partenaire qui en a besoin, un appui suffisant pour élever son niveau de développement et avoir donc un partenaire assez solide et crédible comme l’Europe a des partenaires ailleurs, en Asie et en Amérique par exemple », précise le président du Congo Brazzaville.

[GARD align= »center »]

Il estime que l’Europe et l’Afrique devraient se mettre ensemble pour avancer. Pour lui, les peuples se connaissent depuis longtemps et les continents sont les deux continents les plus proches. Sur ce, il pense que l’avenir est assuré si avec l’engagement des actions plus concrètes au lieu de continuer seulement à faire de la rhétorique.

© Oeildafrique.com

 



Related Articles

Les réactions face à la douleur : la vidéo qui donne des frissons

Un photographe a demandé à des volontaires de subir une décharge électrique de 300 000 volts. Pour immortaliser leur douleur.

Jacob Zuma défend la mission sud-africaine en RCA

Le président Jacob Zuma a défendu mardi la mission de l’Afrique du Sud en République centrafricaine (RCA), réfutant que la

Mali: les partisans du chef putschiste Sanogo le désignent président de la transition

BAMAKO – Les partisans du capitaine malien Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d’Etat du 22 mars ayant renversé le

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*