Disparus du beach de Brazzaville : Incompréhension à Brazzaville, après l’interpellation du ministre Pierre Oba à Paris

Disparus du beach de Brazzaville : Incompréhension à Brazzaville, après l’interpellation du ministre Pierre Oba à Paris

En séjour à Paris (France), le ministre des mines et de la géologie, Pierre Oba, a été interpellé, la semaine dernière, par les juges du tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de la procédure française sur l’affaire des disparus du beach de Brazzaville. Selon des témoignages recueillis, le ministre congolais a dû se soumettre à un interrogatoire et à une perquisition de ses deux appartements en banlieue parisienne. Pierre Oba est rentré en fin de semaine dernière à Brazzaville, mais avec une convocation l’obligeant à se présenter devant le juge français, le 23 octobre prochain.

A Brazzaville où l’on n’a enregistré, jusque-là, aucune réaction officielle, l’interpellation d’un ministre en fonction suscite, dans les milieux proches du pouvoir, incompréhension et colère.

Malgré les protestations du gouvernement congolais, à travers le ministre de la justice, Aimé Emmanuel Yoka, qui invoque l’autorité de la chose jugée, la procédure française sur l’affaire des disparus du beach de Brazzaville, ouverte au tribunal de grande instance de Meaux, se poursuit, et même avec plus de détermination. Il faut rappeler que depuis avril 2012, la juge parisienne Aïda Traoré, vice-présidente, chargée de l’instruction au tribunal de grande instance de Meaux, avait transmis l’enquête sur cette affaire au pôle spécialisé dans les poursuites des crimes contre l’humanité, créé au tribunal de grande instance de Paris et qui est opérationnel, depuis janvier 2012.

Après la mise en examen du général Norbert Dabira, haut-commissaire, chargé de la réinsertion des ex-combattants (qui a regagné Brazzaville depuis, mais qui doit être prêt à répondre à toute convocation du juge d’instruction parisien), inspecteur général des F.a.c (Forces armées congolaises) et de la gendarmerie, à l’époque des faits (mars 1999), le tour est revenu à un autre membre du gouvernement congolais, Pierre Oba, d’être interpellé, jeudi 26 septembre dernier, à Paris, dans le cadre de la même affaire. Ministre de l’intérieur, à l’époque des faits, Pierre Oba s’est soumis à la perquisition de ses deux appartements en banlieue parisienne, pendant près de six heures, par un juge d’instruction du pôle, en compagnie de plusieurs gendarmes. Le ministre congolais a pu regagner son pays, samedi 28 septembre, mais une convocation lui a été délivrée l’obligeant à se présenter devant le juge, le 23 octobre prochain.

A Brazzaville, on n’a pas enregistré de réaction officielle, après l’acte procédural posé par la justice française. On signale, cependant, que l’ambassadeur de France au Congo, Jean-François Valette, a été convoqué au Ministère des affaires étrangères et de la coopération, après l’interpellation du ministre congolais à Paris. Dans les milieux proches du pouvoir, l’on affiche incompréhension et colère à ce que l’on considère comme «un acharnement de la justice française» sur les dirigeants congolais, «sous l’instigation des O.n.gs manipulées par des lobbies politiques hostiles au pouvoir de Brazzaville». Certains évoquent même l’exemple du Rwanda qui, ayant menacé de rompre ses relations diplomatiques avec la France, a obtenu l’abandon des poursuites intentées par la justice française contre le président Paul Kagame.

L’affaire dont il s’agit a fait l’objet d’un procès au pénal à Brazzaville. Si tous les accusés ont été acquittés, l’Etat a été condamné à payer des dommages et intérêts aux familles des victimes s’étant constituées parties civiles. Le montant du dédommagement avait même été révisé à la hausse, après un pourvoi en cassation.

«Quoique ce jugement fut largement critiqué, il témoigne, malgré tout, de la volonté des pouvoirs publics congolais, de rendre justice dans cette affaire. Le Congo a connu des situations difficiles avec les guerres civiles qui ont emporté de nombreuses vies humaines. On ne peut se saisir de cette affaire pour chercher à régler les comptes aux dirigeants congolais», a estimé un haut fonctionnaire congolais, à Brazzaville. En tout cas, la procédure française sur l’affaire des disparus du beach est une véritable épine dans les relations entre la France et le Congo.

Joël NSONI


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