Dlamini-Zuma élue présidente de l’union africaine

Dlamini-Zuma élue présidente de l’union africaine

La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue dimanche présidente de la Commission de l’Union africaine, lors d’un sommet à Addis Abeba et à l’issue d’une bataille sans précédent contre le sortant gabonais Jean Ping, pour ce poste clé de l’institution continentale.

Dlamini-Zuma élue présidente de l'UA

La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine, le 15 juillet 2012 à Addis-Abeba

Maintenant nous avons le président de la Commission de l’UA, Mme Zuma, qui va prendre les destinées de cette institution qui est notre bras opérationnel, a déclaré à la presse le chef d’Etat béninois Thomas Boni Yayi, qui assure pour sa part pour un an la présidence tournante de l’UA.

La ministre sud-africaine de l’Intérieur, ancienne ministre des Affaires étrangères et ex épouse du chef de l’Etat Jacob Zuma, a été élue au quatrième tour de scrutin par les chefs d’Etat, au détriment du président sortant Jean Ping.

Elle a eu 37 voix soit trois de plus que la majorité requise, a indiqué à l’AFP un haut responsable de l’UA s’exprimant sous couvert d’anonymat, un score confirmé par d’autres sources au sein de l’organisation.

Un précédent sommet de l’UA en janvier dernier avait échoué à départager M. Ping et Mme Dlamini-Zuma, ouvrant de profondes divisions au sein de l’institution continentale, notamment entre pays francophones et anglophones. M. Ping avait alors été reconduit à titre provisoire dans ses fonctions.

Mme Dlamini-Zuma, 63 ans, est la première femme et le premier responsable anglophone à diriger la principale institution de l’UA depuis que cette organisation a succédé en 2002 à l’Organisation de l’unité africaine (OUA).

La ministre sud-africaine est arrivée en tête aux trois premiers tours de scrutin dimanche soir devant M. Ping, sans toutefois réunir la majorité requise de deux-tiers des voix. Seule candidate en lice au quatrième tour, elle a alors obtenu 37 voix, soit trois de plus que la majorité des deux-tiers des délégations, qui était de 34 voix.

L’Afrique a parlé d’une seule voix. Il n’y a pas eu de perdant ni de gagnant. C’est l’Afrique toute entière qui a gagné, a assuré à la presse M. Boni Yayi.

Les présidents anglophones étaient cependant particulièrement enthousiastes en sortant de la salle de réunion. Cela signifie énormèment pour l’Afrique (…) pour le continent, pour l’unité, et pour le pouvoir des femmes, a affirmé M. Zuma à la presse.

Mme Dlamini-Zuma est une combattante de la liberté, pas une bureaucrate ni un diplomate, a assuré, rayonnant, le président ougandais Yoweri Museveni.

C’est une bonne chose pour l’Afrique australe. Nous (en Afrique australe) n’avions jamais eu ce poste, se félicitait, tout sourire, un membre de la délégation du Zimbabwe auprès de l’AFP.

S’exprimant avant son élection, Mme Dlamini-Zuma avait minimisé les risques de division, estimant que le continent est suffisamment fort pour ne pas être fissuré par une élection entre deux personnes.

Elle s’était également efforcé d’apaiser les craintes d’une main-mise de l’Afrique du Sud, la locomotive économique du continent, sur l’organisation. L’Afrique du Sud ne va pas déménager à Addis pour venir diriger l’Union africaine, ce sera Nkosazana Dlamini-Zuma, si je gagne, qui viendra ici, pas l’Afrique du Sud, a-t-elle déclaré.

Les précédents présidents de la Commission ont été l’Ivoirien Amara Essy (2002-2003) puis le Malien Alpha Oumar Konaré (2003-2008), avant l’élection de M. Ping en 2008.

 

AFP

Bona

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