Edito: un oeil sur les enfants de la rue

Enfants des rues

Enfants des rues au Burkina Faso. Image d’illustration.

Dans une Afrique qui explose les records de croissance, où les valeurs de la famille sont aussi ancrées que celles de la solidarité et la fraternité, où l’individualisme est un concept banni, il paraît impensable de voir des enfants vivre dans la rue.

Nos villes se modernisent, les modes de vie évoluent, l’innovation est omniprésente et pourtant, le phénomène des enfants des rues est une réalité. Du nord au sud du continent, ces petits africains sont livrés à eux-mêmes et affrontent un monde souvent inconnu du grand public. Dans ce dossier spécial, Œil d’Afrique décortique le quotidien de ces êtres innocents, souvent victimes du système qui parfois les transforme en bourreaux.

Quand on a tout, on a besoin de rien. Mais quand on a rien on est obligé de faire avec ce qu’on a sous la main. C’est le cas de « Petit Leader », ce jeune congolais, star des rues kinoises qui chante avec un micro factice, accompagné par ses compères de la rue tapant, qui sur des boites de conserve en guise de percussion de fortune, qui sur des bouteilles de bière vides. Dans un reportage criant de justesse et de simplicité, comme pour incarner l’innocence de l’enfance, notre journaliste parcourt les rues de Kinshasa en compagnie de ces enfants désœuvrés communément appelés « schégués », « kuluna » ou encore « phaseurs ».

Et que dire des « microbes », ces jeunes ivoiriens de la rue qui sèment la terreur en Côte d’ivoire ? L’enquête à Abidjan, nous emmène au cœur de ces gangs pour tenter d’expliquer les circonstances qui ont conduit ces jeunes ivoiriens de la rue à devenir bourreaux de cette société qui ne les reconnaît plus.

Au Togo, ces bambins mis au ban connaissent une autre réalité. Notre envoyé spécial s’est penché sur leurs moyens de survie face à un gouvernement démissionnaire qui patauge entre des solutions inadaptées et une politique d’insertion inexistante.

Quant aux « talibés » du Sénégal, notre enquêteur s’est rapproché des experts qui mettent en garde le gouvernement du pays de la Téranga (= hospitalité en wolof) contre ce phénomène qui gangrène et handicape le développement du pays tout en présentant un risque sécuritaire certain.

Même si une part importante des enfants africains des rues se trouve en Afrique subsaharienne, ils sont environ 100.000 en Afrique du nord, dont près de 15% de filles, selon les chiffres de l’UNICEF. Notre journaliste analyse les causes et les conséquences du fléau et met en relief l’avenir qui leur est réservé en Afrique du nord.

Une lueur d’espoir

Toutefois, il serait inutile et complètement stérile de penser  que ces enfants qui vivent dans les rues africaines sont condamnés. Le basketteur internationalement connu Serge IBAKA est un symbole vivant de l’espoir qui devra trouver racine dans le cœur de ces êtres innocents. En effet, le compagnon de la chanteuse américaine Keri Hilson a lui aussi vécu l’enfer des rues congolaises. Un reportage vidéo lui est consacré dans ce dossier spécial.

La journée de l’enfant africain est célébrée tous les ans le 16 juin en commémoration du massacre des enfants de Soweto en 1976 par le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. À cette occasion, l’Organisation de l’Unité africaine impose à ses états membres de réfléchir à une solution à la violation des droits des enfants du continents.

Marie-Hélène Sylva
© OEIL D’AFRIQUE

Marie Hélène Sylva

Marie Hélène Sylva

Journaliste à oeil d'Afrique, basée à Paris (France)


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