Egypte: Le Général Sissi a parlé… mais pour massifier la répression

Egypte: Le Général Sissi a parlé… mais pour massifier la répression

[dropcap font= »georgia »]L[/dropcap]’Egypte est désormais en guerre. Selon Abdel-Fattah Al-Sissi, l’homme fort du Caire, ‘’le pays est en guerre contre le terrorisme’’. Mais, dans plusieurs quartiers du Caire où son discours a été suivi avec l’espoir d’une décrispation, il n’en est rien. ‘’Les terroristes ne peuvent être des citoyens qui revendiquent le retour à l’ordre constitutionnel, des manifestants non armés que l’on abat comme des moutons. Mais nom, il s’est trompé d’ennemi’’, rétorque Anouar, un habitant de Ramses, quartier où des affrontements entre l’armée et les partisans des Morsi ont fait une centaine de morts, selon des sources hospitalières, entre vendredi et dimanche.

Dans son adresse faite à la nation hier, le chef de l’armée et numéro un de fait du pays a choisi un ton martial. ‘’Nous n’allons pas plier et nous n’allons pas céder’’, c’est par ces mots que le Général, visage masqué par des lunettes noires et épaulettes relevées par deux étoiles jaunes, a tenu à se faire comprendre des ceux qu’il nomme ‘’terroristes’’. En clair, le patron du nouveau pouvoir a promis la massification de la répression contre les Frères musulmans. Répression qui a fait plus de 900 morts selon le décompte du ministère de la Santé et des milliers à en croire les pro-Morsi. 

Seul geste notable dans le discours du tombeur de Morsi, il a interdit les milices anti-islamistes qui faisaient office de supplétifs des forces de sécurité égyptienne et s’adonnaient à la chasse aux barbus dans les quartiers favorables au coup d’état contre Mohamed Morsi, le premier président élu de l’histoire de l’Egypte. Aussitôt après cette mesure, les Frères musulmans ont répondu en décommandant trois des neuf manifestations qu’ils avaient prévues et qui menaçaient gravement la sécurité. Des gestes qui ont permis une certaine accalmie même si la tension est toujours vive. 

Ce lundi matin, l’activité a repris timidement au Caire où, dans plusieurs quartiers et artères importantes, les chars de l’armée et les engins anti-émeutes de la police demeurent très présents. Mais, cette reprise n’augure cependant pas d’un retour au calme tant les positions des deux camps restent encore tranchées. Des cairotes craignent de voir les affrontements surtout que la journée d’hier a apporté son lot des morts de part et d’autre. 

Lors d’un transfèrement des partisans de Morsi, arrêtés dans une mosquée du Caire, environ 40 personnes ont trouvé la mort selon les autorités. 40 morts auxquels s’ajoutent 80 autres qui sont tombés dans différents endroits du pays. Le ministère de l’Intérieur fait ainsi état de 40 policiers qui ont trouvé la mort lors d’un assaut mené par des islamistes contre une caserne qu’ils ont fait sautée dans le Sinaï. Par ailleurs, 40 autres personnes auraient péri dans différents accrochages entre l’armée et les pro-Morsi.

Comme on peut le constater, la situation en Egypte est loin de s’améliorer et la journée d’aujourd’hui promet d’être encore plus agitée tant que, malgré les menaces de l’armée, les Frères musulmans, dont l’interdiction a été brandie vendredi soir, s’accrochent à leurs principales revendications : la libération de Morsi et des principaux dirigeants du parti de la Paix et de la Justice mais, surtout, le retour à l’ordre constitutionnel.

Mohamed Mboyo Ey’ekula
Le Caire – Oeildafrique.com

 

Mohamed Mboyo Ey'ekula

Mohamed Mboyo Ey'ekula

Journaliste - Politologue.


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