El Watan TV fermée en Algérie après avoir accueilli un ancien chef islamiste

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika

Les locaux d’El Watan TV, à Alger, ont été fermés et ses équipements mis sous scellés, raconte son patron, Djaffar Chelli, lundi 12 octobre. Plus tôt dans la journée, le ministère de la communication avait ordonné sa fermeture pour « propos subversifs et atteinte au symbole de l’Etat ». Le quotidien algérien de référence El Watan s’interroge : « Madani Mezrag menace l’Etat et son chef sur un plateau de télé, et étrangement, c’est la chaîne El Watan TV qui est poursuivie en justice. »

Les propos incriminés ont effectivement été tenus sur la chaîne la semaine précédente par Madani Mezrag, ex-chef de l’Armée islamique du salut (AIS) et ancien bras armé du Front islamique du salut (FIS, dissous). Voyant son projet de créer un parti politique rejeté par le président, Abdelaziz Bouteflika, l’ex-chef de maquis s’était montré menaçant : « Si [le président Bouteflika] ne revoit pas sa position, il va entendre de moi ce qu’il n’a jamais entendu auparavant », avait prévenu M. Mezrag dans une interview diffusée le 3 octobre.

Médias non accrédités

Or, Madani Mezrag avait conclu une trêve en 1997 avec l’armée, et des milliers de membres de l’AIS avaient déposé les armes. Ils avaient ensuite été amnistiés dans le cadre de la « charte de la paix et de la réconciliation », adoptée en septembre 2005. M. Bouteflika a récemment rappelé qu’il était interdit aux anciens djihadistes ayant bénéficié de l’amnistie de revenir dans la vie politique, en vertu de cette charte.

La chaîne, quant à elle, « n’est pas autorisée à travailler en Algérie, ses bureaux n’étaient pas accrédités », a ajouté une source au ministère de la communication citée par l’AFP. La loi algérienne n’autorise pas les chaînes privées à émettre d’Alger : elles doivent être domiciliées à l’étranger et demander une accréditation pour ouvrir un bureau en Algérie. Sur la quarantaine de chaînes privées diffusées en Algérie, « seules cinq ont des bureaux accrédités », selon le ministère, les autres étant « tolérées ».

C’était le cas pour El Watan TV, qui émet depuis Chypre et dont le siège est à Londres, avant que le siège éjectable ne saute ce lundi. La chaîne va déposer un référé devant la justice pour obtenir l’annulation de la décision.

AFP

AFP

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