Elections au Botswana: le pouvoir à l’épreuve de la crise et du chômage

Elections au Botswana: le pouvoir à l’épreuve de la crise et du chômage

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Le président sortant, Ian Khama

Le président sortant, Ian Khama

Ian Khama, président du Botswana, est favori pour se succéder à lui-même lors des élections de vendredi, mais affronte une opposition active qui réclame des emplois, dans ce pays riche de ses diamants mais touché par la crise depuis quelques années.

La presse a surnommé le scrutin « le Jour du Jugement », et les observateurs s’attendent à ce qu’il soit le plus disputé depuis l’indépendance de cette ancienne colonie britannique en 1966, aujourd’hui considérée comme l’une des démocraties les plus apaisées du continent.

Au total, 824.000 électeurs sont appelés aux urnes pour élire leurs députés. Le parlement élira ensuite le président. Le BDP détient 41 des 57 sièges du parlement sortant.

Dans une lettre aux électeurs distribuée à une semaine du scrutin, le président Khama a implicitement reconnu l’échec de son gouvernement en matière d’emploi: « Je suis peiné que nous n’ayons pas réussi à faire plus pour nos concitoyens qui ne trouvent pas de travail, particulièrement notre talentueuse jeunesse (…) Nous devons faire plus ».

« Si vous voulez allez de l’avant, votez pour le BDP, et si vous voulez reculer, votez pour les partis d’opposition », a-t-il cependant lancé à ses supporteurs lors de son dernier meeting de campagne samedi dernier. Fils du premier président du pays Seretse Khama, Ian a été élu en 2008 pour la première fois.

Son parti, le Parti Démocratique du Botswana (BDP), a gardé le pouvoir depuis 1966, profitant de décennies de croissance, poussée par l’industrie du diamant. Mais la diversification de l’économie avance lentement et le chômage est devenu un problème majeur, notamment en milieu urbain.

Le pays a connu une croissance moyenne de 7,1% entre 2005 et 2007, avant de subir une récession en 2009 à la suite de la crise mondiale et de l’effondrement de la demande de diamant.

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« Emplois exportés »

Le grand rival du BDP est le Congrès du Botswana (BCP), dont le leader Dumelang Saleshando a réuni quelques milliers de partisans dans sa dernière réunion de campagne à Gaborone, samedi. Il a promis du travail à ses compatriotes, et accusé le pouvoir d’avoir délocalisé des emplois au profit de grandes compagnies étrangères.

« Le gouvernement du BDP a exporté des emplois à l’étranger, et le Parti du Congrès va faire en sorte de ramener ces emplois au Botswana », a-t-il clamé.

La presse locale estime que Khama pourrait être mis en difficulté dans les villes, et notamment dans la capitale Gaborone, mais note qu’il a fait une campagne solide « pour s’imposer dans les communautés rurales ».

La troisième force en lice est une coalition intitulée « Parapluie pour le changement démocratique » (UDC), dont le chef s’appelle Duma Boko.

Le pays, un peu plus grand que la France, ne compte que deux millions d’habitants. Des zones désertiques, dont le Kalahari, constituent l’essentiel du territoire.

La commission électorale a fait savoir qu’elle s’attendait à un scrutin « pacifique et organisé de façon professionnelle ». « Le comportement des partis a été impressionnant (…) nous pensons que le scrutin se passera sans problème », a déclaré le porte-parole de la commission Osupile Maroba.

Selon l’ONG Transparency International, le Botswana est perçu comme le pays d’Afrique le moins corrompu.

Les bureaux de votent ouvrent à 6h30 (0430GMT) et fermeront à 17h00.

AFP

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