Exécutions en Gambie: acte insensé, Jammeh doit quitter le pouvoir

Exécutions en Gambie: acte insensé, Jammeh doit quitter le pouvoir
Jammeh doit quitter le pouvoir

Le président gambien Yahya Jammeh

Le Parti pour la démocratie et le progrès de la Gambie (GPDP), une formation de l’opposition gambienne, a dénoncé mardi les exécutions de condamnés à mort dans ce pays, les qualifiant d’acte insensé, et a appelé le président Yahya Jammeh à quitter le pouvoir.

Nous, du GPDP, avons appris que le président a réalisé sa menace d’exécuter des prisonniers. (…) Nous nous joignons à tous les Gambiens épris de paix pour condamner ce geste comme barbare, insensé et, de plus, contraire à la Constitution, a déclaré Henry Gomez, chef du parti, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Nous demandons au président d’arrêter toutes les exécutions supplémentaires planifiées et de rendre le pouvoir immédiatement, a-t-il affirmé.

Henry Gomez, par ailleurs homme d’affaires, séjourne actuellement en Allemagne, d’après des sources jointes en Gambie où les gens sont réticents à s’exprimer sur le sujet depuis l’annonce lundi soir par le ministère de l’Intérieur de l’exécution de neuf prisonniers condamnés à mort, dont une femme.

Dans un message à la Nation diffusé par les médias publics les 19 et 20 août, le président Jammeh avait affirmé que tous les détenus dans le couloir de la mort dans son pays seraient exécutés avant la mi-septembre, sans plus de précisions.

Il y a eu plus de gens tués sous le régime de Yahya Jammeh que sous les gouvernements ayant précédé son pouvoir, il s’agit d’un bilan honteux auquel le président devrait mettre fin avec effet immédiat, d’où la nécessité de quitter le pouvoir, a estimé Henry Gomez, sans fournir de chiffres.

Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2011, M. Jammeh a demandé aux Gambiens de lui accorder un nouveau mandat en promettant de développer le pays mais ce que nous avons vu depuis son entrée en fonction, c’est plus d’arrestations, plus de torture, plus d’emprisonnement, et maintenant, les exécutions, a-t-il poursuivi.

Nous appelons donc le gouvernement gambien à s’abstenir d’approuver toute nouvelle exécution et de céder le pouvoir avec effet immédiat. Nous, Gambiens, sommes prêts à prendre en main notre destin, a-t-il conclu.

Ex-militaire, Yahya Jammeh, 47 ans, dirige d’une main de fer ce petit pays anglophone (environ 1,7 million d’habitants) enclavé dans le Sénégal depuis un putsch en 1994. Elu en 1996 pour cinq ans, il a été réélu trois fois (2001, 2006, 2011). Son régime est régulièrement critiqué par des défenseurs des droits de l’Homme pour des violations des libertés.

Dans une déclaration peu avant son investiture pour son quatrième mandat, le 19 janvier, M. Jammeh avait indiqué qu’il serait encore plus ferme durant son nouveau quinquennat que pendant ses 17 précédentes années de pouvoir, estimant avoir été trop indulgent.

Les gens vont voir un Yahya Jammeh différent. (…) Je serai plus dangereux les cinq prochaines années que je ne l’ai été quand j’étais encore en uniforme, parce que les gens doivent changer leur comportement au travail, avait-il dit.

Il y aura plus de gens en prison, parce qu’il n’y aura zéro tolérance concernant la corruption et la drogue. Il n’y aura pas de compromis au détriment de la sécurité de ce pays dans l’intérêt d’une poignée, avait-il menacé.

©AFP

 


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