Fabius: Paris ne compte pas se couper des peuples africains

Fabius: Paris ne compte pas se couper des peuples africains
Paris ne compte pas se couper des peuples africains

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius en conférence de presse à Dakar avec son homologue sénégalais Alioune Badara Cisse, le 28 juillet 2012

L’erreur que la France devrait éviter en Afrique c’est de limiter ses relations avec les milieux officiels du continent, a laissé entendre le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, en visite à Dakar où il a réaffirmé l’engagement des nouvelles autorités de son pays à «ouvrir une nouvelle page» de ses relations avec le Sénégal.

Laurent Fabius est arrivé vendredi à Dakar, dans le cadre d’une tournée africaine centrée sur le Mali qu’il devrait poursuivre par le Tchad après le Burkina Faso et le Sénégal où il a rencontré le mouvement citoyen Y’en a marre au premier jour de sa visite, avant de remettre des décorations à différentes personnalités sénégalaises des
arts et de la culture.

«Par expérience, il y a des fautes à ne pas commettre», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, lors de son déplacement au quartier général du mouvement Y’en a marre, composé notamment de jeunes rappeurs à la pointe de la contestation visant à empêcher l’ancien président sénégalais Abdoulaye de briguer un troisième
mandant à la tête du Sénégal. Le mouvement Y’en a marre veut également promouvoir une nouvelle citoyenneté plus responsable à travers son concept Nouveau type de Sénégalais (NTS).

«La faute à éviter c’est de rester enfermés dans les palais officiels, coupés de la population. Il existe des gouvernements qui commencent de façon excellente et brillante, mais au fur et à mesure, ils sont coupés des populations», a-t-il ajouté dans des propos rapportés par les médias locaux, en expliquant le sens de sa visite au QG de Y’en a marre.

«Nous n’avons pas la vérité révélée. Nous ne sommes pas plus intelligents que les autres. Pour cela, il faut aller au contact de la population. Ici, au QG de Y’en a marre, j’ai le sentiment que c’est le cœur du Sénégal qui bat. J’ai eu envie, avec les amis, de venir écouter le cœur du Sénégal battre», a expliqué Laurent Fabius.

Il a ensuite décoré plus tard, vendredi soir, différentes personnalités sénégalaises : l’écrivain Mariétou Mbaye alias Ken Bougoul (Officier des arts et lettres), Amady Bocoum, directeur du patrimoine (Chevalier des arts et lettres) et Oumar Sankharé, premier Sénégalais double agrégé de lettres classiques et de grammaire de l’université française (Commandeur des palmes académiques).

Les trois récipiendaires ont remercié les autorités françaises pour leur décoration en présence des ministres (Alioune Badara Cissé, Youssou Ndour et Ali Haïdar), d’universitaires (Saliou Ndiaye, Ibrahima Thioub) et d’artistes (Ousmane Sow) et d’hommes politiques dont Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du Parti socialiste (PS) sénégalais.

«Entre la France et le Sénégal, c’est une longue histoire. Nous sommes résolus, ensemble, à ouvrir une belle et nouvelle page de notre histoire», a déclaré à cette occasion le patron de la diplomatie sénégalaise.

«Nous Français, nous aimons le Sénégal et les Sénégalais. Nous voulons ouvrir une nouvelle page de notre histoire avec le Sénégal», a-t-il ajouté.

Accompagné du ministre français en charge du Développement, Pascal Canfin, et du député socialiste François Lang, Laurent Fabius a eu samedi matin une séance de travail avec son homologue sénégalais Alioune Badara Cissé, au ministère des Affaires étrangères.

«Le Sénégal est la porte d’entrée de la France en Afrique sub-saharienne», a déclaré le ministre sénégalais des Affaires étrangères en accueillant son homologue français avec qui il s’est ensuite entretenu à huis clos.

«C’est une nouvelle et belle page d’histoire qui s’ouvre», selon Me Alioune Badara Cissé, invitant les deux pays à travailler ensemble face à la menace terroriste.

Dakar et Paris doivent «construire quelque chose d’utile pour nos deux peuples et la région», a répondu Laurent Fabius. «Nous devons travailler épaules contre épaules», a-t-il ajouté.

 

 

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1 commentaire

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  1. JLB
    JLB 29 juillet, 2012, 09:52

    Mais qu’a donc fait Laurent Fabius lorsqu’il était 1er ministre de François Mitterrand ?

    Répondre à ce commentaire

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