Fournisseurs et trésor public Ivoirien à couteaux tirés pour une affaire de corruption

Fournisseurs et trésor public Ivoirien à couteaux tirés pour une affaire de corruption

La corruption qui gangrène l’Afrique et la Côte d’Ivoire met à mal l’économie car ce phénomène touche pratiquement tous les secteurs d’activité. Longtemps décriée, celle qui a cours au trésor public ivoirienne vient d’être mis à nu par les fournisseurs et prestataires de services qui brandissent des preuves de la forfaiture dont-ils sont victime.

Malgré les efforts pour améliorer son rang au classement général des pays les plus corrompus de la planète en passant de la 154e place à la 130e selon le dernier rapport 2012 de Transparency International, la Côte d’Ivoire reste néanmoins dans la zone rouge en matière d’indice de la perception de la corruption.

La grogne de ce moment du syndicat national des fournisseurs de l’État de Côte d’Ivoire (Synafeci) pourrait confirmer voire dégrader son rang.

M. Gré Faustin, président dudit syndicat a révélé dernièrement au cours d’une conférence de presse des cas de corruption des agents du trésor public sur des membres de son organisation dans le paiement de leurs factures dûent par l’État. Répliquant aux démenties des agents du trésor qui avaient demandé lors d’une précédente conférence de presse des éléments de preuves pour attester de leurs accusations. Des fournisseurs ont témoigné publiquement sur ce qu’ils auraient subi de la part de trésoriers-payeurs pour le payement de leurs factures.

Mme Nemlin Jeannette, directrice de société, a dévoilé que le payeur de Tiassale, une petite localité au nord d’Abidjan, a insisté pour avoir 20% sur sa facture de 8 millions FCFA sur un total de 26 millions FCFA que lui doit le Conseil général pour des travaux d’électrification du pont de la ville. « J’ai promis de reverser les 20% au payeur, M. N’Dabian. Mais puisque je ne me suis pas exécutée lorsqu’il m’a payé en janvier 2012, le payeur a pris l’engagement de ne plus me payer quel que soit le montant de la facture», a-t-elle révélé.

M. gré a cité plusieurs autres exemples incriminant des agents du trésor public qui ont été nommé, en l’occurrence le cas du Roi Nanan Bibi II de Bondoukou et ses administrés qui ont payé 15% sur les 300 millions FCFA des travaux du tronçon Bondoukou-Bouna à l’extrême nord-est du pays. Soit 45 millions FCFA versé aux agents et démarcheurs du Trésor. « Le roi lui-même aurait fait le témoignage en présence du préfet de région de Bondoukou quelque temps après », a-t-il martelé. Le syndicat des fournisseurs n’entend pas laisser les choses en l’état alors il a décidé pour la première fois à porter l’affaire devant les tribunaux prétextant qu’il a assez de preuves pour gagner un processus et de là, faire changer les habitudes dans les régies financières qui leur causent trop de préjudices.

La problématique de la corruption au trésor public ou dans les passations de marchés dans l’administration publique reste un épineux problème de mauvaise gouvernance qui a porté préjudice aux entrepreneurs surtout aux PME-PMI qui le plus souvent sont obligés de se soumettre au risque d’en subir les conséquences. Ne serait-il pas temps que la lutte contre la corruption telle que prôné par nos États ne soit plus que discourt politique mais une volonté politique ?

dette-de-letat-fac-simile

 

Fulbert Koffi
Abidjan/ODA

 

Fulbert Koffi

Fulbert Koffi

Journaliste Oeil d'Afrique, basé à Abidjan (Côte d'Ivoire), spécialiste des dossiers politiques et sociaux culturels.


Tags assigned to this article:
cote d'ivoiretrésor public

Related Articles

Afrique du Sud: le président Zuma sacrifie 12 vaches pour rester chef de l’ANC

Le président sud-africain Jacob Zuma a procédé ce week-end au sacrifice rituel de douze vaches dans son village natal de

Togo : Le pouvoir rejette les réformes et tente d’offrir un règne à vie à Faure Gnassingbé

[GARD align= »center »] Les députés du parti au pouvoir ont rejeté le projet de loi portant modification de la constitution en

Mali: des islamistes détruisent des mausolées à Tombouctou

BAMAKO  – Des islamistes d’Ansar Dine, un des groupes armés contrôlant le nord du Mali, ont démoli samedi des mausolées

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*