Galerie nationale de Dakar: un peintre germano-sénégalais montre sa vision négative ou consciente de la société humaine

Galerie nationale de Dakar: un peintre germano-sénégalais montre sa vision négative ou consciente de la société humaine

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Avec les toiles du peintre Ismaila Weber à la Galerie nationale d’art de Dakar, le visiteur va à «la recherche de la vérité», à travers les formes et les couleurs. L’exposition est à visiter jusqu’au 19 mars prochain.

Ismaila Weber

De la cité du savoir au trompettiste avec lunettes noires, titres de certains de ses portraits, Ismaila Weber introduit le visiteur dans une espèce de tourbillon de couleurs et de formes. A la galerie nationale où il laisse ses œuvres à l’appréciation du public depuis le 05 mars dernier, Weber étudie les relations humaines, conscientise l’individu et exhorte à conserver certaines valeurs fondamentales de la société. Dès que le visiteur met le pied à la porte de l’espace d’exposition, son regard se fige sur la quarantaine de toiles toutes expressives, accrochées tout long des murs autour du thème : «la recherche de la vérité».

Ici, c’est une femme qui cache ses yeux avec un objet en forme de croissant lunaire. La position de sa main gauche qui laisse voir ses doigts, livre également un autre regard de sa silhouette: cou et doigts de la main longs, main droite invisible, collier autour du cou. Le trompettiste, un autre tableau montre un homme en train de dépenser toute son énergie à souffler sur cet instrument musical. L’homme porte un chapeau de lierre, dont le gabarit moyen va parfaitement au visage court du musicien. Weber fait rayer le visage du musicien d’une espèce de ruban rouge. Presque même, le morceau d’étoffe s’étire jusqu’au niveau du cou, où l’on aperçoit une cravate de la même couleur. Sur ce portrait, Weber montre aussi l’envie de cet homme à faire de la musique.

Plus loin, c’est un microcosme, avec la toile intitulée Métamorphose. Le regard du passionné d’art est balloté d’un angle de la toile à un autre. Weber y réussit un sacré mélanges de couleurs et de formes humaines. Visages, plantes ou objets des plus réalistes aux surréalistes, Ismaila Weber administre un souffle coloré aux yeux du visiteur. Ce n’est pas fini. Pourtant. Puisque le peintre transporte son monde dans sa vision de la société humaine, à travers l’œuvre Symbole de l’unité. Là, c’est une fusion. Les hommes s’entrelacent, créent une colonne, redeviennent un seul individu. Bref, ils vivent en communauté et rejettent les préjugés. Justement, c’est le sens du travail d’Ismaila Weber qui indique qu’il lutte contre l’ignorance, l’inconscience, le jugement hâtif.

Commentant les couleurs vives qu’il utilise à travers ses peintures, Weber déchiffre que le noir, qui revient le plus souvent dans son travail, traduit l’inconscient, le négatif, l’absolu. «Quand on ne connaît pas une personne, on a toujours tendance à se méfier d’elle au début. C’est pourquoi, j’utilise l’obscur pour traduire cette méfiance, étant donné que, dans mon travail, je mets l’accent sur les relations humaines ou les rapports entre les hommes», explique le peintre. Tandis que le rouge, diagnostique-t-il, indique la méfiance, la gravité…

Ismaila Weber1

Ismaila Weber qui souligne que son matériel d’ouvrage reste le collage, le tissu, l’empattement, la cire et les fragments d’objets rouges ou noirs, permet de lutter contre les préjugés pour porter la société vers l’avant. «Maintenant, on constate que notre société est portée vers l’individualisme, donc, j’essaie d’inculquer aux personnes une quelque conscience de retour vers nos valeurs fondamentales», lance-t-il, avec fierté. Et, il commence bien à le réussir. «Ce tableau montre un tissu social, c’est bien», commente Balla Ndiaye, avec ses dreadlocks, en train d’apprécier l’une des toiles.

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Ayant un grand-père paternel allemand (d’où mon nom) Weber a grandi dans un métissage religieux et culturel de la Casamance (Sud du Sénégal). Il a participé à plusieurs concours et deux fois lauréats du concours pour les jeux de la Francophonie. Son exposition peut être visitée jusqu’au 19 mars prochain.

Baba Mballo
Dakar – Oeildafrique.com

 


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