Gambie-Sénégal: Des relations tendues depuis une décennie

Gambie-Sénégal: Des relations tendues depuis une décennie

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Le président sénégalais Macky Sall et son homologue gambien Yahya Jammeh

Le président sénégalais Macky Sall et son homologue gambien Yahya Jammeh

La décision «surprise» du Président Gambien de fermer, depuis samedi 19 avril 2014, les frontières terrestres avec le Sénégal n’est que la continuité de relations heurtées entre les deux pays depuis au moins une décennie. Un coup d’œil sur le rétroviseur diplomatique entre la Gambie et le Sénégal permet d’en comprendre plus.

C’était, il y a deux ans. En août 2012, Banjul avait exécuté à mort deux Sénégalais (Tabara Samb et Djibril Ba) condamnés pour délits de meurtre. Ils ont été exécutés par les autorités gambiennes d’une balle dans la tête comme le stipule la loi sur la peine de mort toujours en vigueur à Banjul. A son  retour au Sénégal, le Président Macky Sall qui, pourtant a réservé sa première visite officielle à son homologue gambien n’avait pas tardé à réagir. Il avait convoqué l’ambassadeur gambien pour des explications. Résultat: un troisième sénégalais qui attendait dans le couloir de la mort à Banjul avait été sauvé de justesse.

C’était, il y a quatre ans. En octobre 2010, un conteneur d’armes en provenance d’Iran avait été saisi au Nigeria. Les armes en question devaient être expédiées en Gambie. Si on sait que la partie sud du Sénégal, qui fait frontière avec le territoire gambien, est en proie à une rébellion depuis 1982, les autorités sénégalaises ont de quoi s’inquiéter. Dakar avait conclu que les armes devaient être directement livrées à la «State House Kanilaye», autrement dit le palais du chef de l’État, Yahya Jammeh. Cette affaire avait provoqué la rupture des relations diplomatiques entre Dakar et Téhéran.

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A la fin des années 90, la presse sénégalaise, notamment Wal Fadjri, avait révélé l’arrestation à Ziguinchor d’un camion bourré d’armes en provenance de … la Gambie. Ces informations avaient créée jusqu’à récemment une vive tension dans les rapports entre le groupe Wal Fadjri et le président Jammeh.

Le 20 août 2005, les transporteurs sénégalais avaient imposé un blocus sur les véhicules de marchandises, dans les deux sens. Ce blocus est intervenu suite à l’augmentation de 80 à 100% des tarifs des bacs permettant de traverser le fleuve Gambie, principal point de passage des transporteurs sénégalais entre les deux pays. Ce blocus avait valu aux présidents Olusegun Obasanjo du Nigéria, Yayah Jammeh et du bissau-guinéen, Joao Bernardo «Nino» Vieira, de se retrouver à Dakar pour trouver un accord à tous les problèmes qui se posaient, notamment sur les tarifs et le blocus de la frontière. Apparemment, cela n’est tombé que dans l’oreille d’un sourd. Puisque, la Gambie continue d’imposer le blocus. Du moins, jusqu’à tout récemment.

Sur le plan militaire, il existe un accord qui donne au Sénégal le droit de poursuite jusqu’à une profondeur de vingt kilomètres en territoire gambien. «Mais cette disposition ne peut opérer à cause de l’opposition de la Gambie. Une fois nous avions voulu la mettre en œuvre mais l’Armée gambienne s’était mise dans une position de guerre contre le Sénégal. Ainsi, les rebelles qui attaquent le Sénégal se trouvent un refuge en Gambie», selon un officier de l’Armée sénégalaise, cité en 2010 par un journal sénégalais.

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En novembre 2009, le «Daily Observer», un journal gambien pro gouvernemental avait publié ce qu’il affirme être une lettre du dissident gambien Koukoie Samba Sanyang. Une lettre adressée au président sénégalais dans laquelle le dissident l’avait appelé «Papa» et se confiait à lui pour «réussir à libérer la Gambie de la domination militaro-fasciste». Le président Wade aurait été appelé par Kukoi Samba Sanyang début novembre 2009 «à renverser le régime gambien, selon les médias d’Etat à Banjul». Le même journal ajoutait que Wade «a accepté de soutenir Koukoie pour perpétrer des actes illégaux et anti-démocratiques» contre la Gambie. Cette lettre avait refroidi les relations entre les deux pays. Avant que les deux chefs d’Etats ne jouent aux sapeurs-pompiers, en signant des coopérations dans le domaine de la sécurité. Sans résultat. Depuis 2010, la Gambie reproche aussi au Sénégal d’abriter des personnes comme le jeune Souleymane Niang, voulant renverser le régime de Jammeh. Et la fermeture des frontières entre les deux pays n’est que la continuité d’un bras de fer. Mais, on ne peut pas dire que la Gambie coopère.

Baba Mballo
Dakar – Oeildafrique.com

 

Baba Mballo

Baba Mballo

Journaliste à oeil d'Afrique, basé à Dakar (Sénégal)


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