Gnamien Konan : Pour un renouveau de l’administration publique

Gnamien Konan : Pour un renouveau de l’administration publique

S’il y a un phénomène qui est commun à l’Afrique, notamment à l’Afrique subsaharien, c’est la lourdeur et l’opacité de son administration publique.

De Kinshasa à Yaoundé en  passant par Abidjan, le même constat s’impose à tous, visiteurs et usagers. Cette grande institution léguée  hérité de la colonisation  pour impulser le développement n’a toujours pas suivi les grandes mutations qu’elle se devait d’opérer pour se conformer aux exigences de son temps. Sous le regard approbateur des dirigeants dont le silence traduit si bien cet aveu d’impuissance, l’administration continue de suffoquer.

En Cote d’ivoire, la longue et ténébreuse décennie de crise qu’a connue ce pays n’a fait qu’exacerber ce phénomène. Le ministère de la  fonction publique dont les prérogatives lui confèrent le recrutement, la gestion  des ressources humaines de l’Etat et l’organisation de l’administration publique n’a pas fait mieux que d’anéantir les espérances des usagers, non des ivoiriens. En effet, profitant du désordre généralisé engendré par la situation de crise, les acteurs de ce secteur  ont assujettis le fonctionnement de cette institution à des fins personnelles et mercantilistes, avec la complicité notable des dirigeants d’alors.  Dès lors, la gangrène qui s’est installée comme un cancer avec  pour moyens d’expression et de manifestation la corruption, les lenteurs ou lourdeurs, la planification de la fraude lors des concours d’accès aux emplois publics, les recrutements massifs, a impacté négativement l’image et  le fonctionnement de l’Etat. A ce jeu, le désamour ou le clivage qui s’est installé entre le peuple et son administration s’est plus que jamais prononcé. Ainsi, quel est ce touriste, ce visiteur occasionnel, cet investisseur qui au  cours d’un voyage ne s’est pas heurté à l’administration ivoirienne, à l’administration d’Afrique.  La délivrance d’un acte, le moindre insignifiant est un chemin de croix auquel il faudra se plier. A l’heure de la gestion automatisée des fichiers, nous en sommes encore à fouiner hypothétiquement des piles de paperasse à la recherche d’un quelconque dossier.

« Aux grands maux, les grands remèdes » a-t-on l’habitude de le dire ou de l’entendre dire. Cette situation d’une extrême urgence nécessitait d’infliger  un traitement de choc à cette administration budgétivore qui en  éprouvait un réel besoin. Dès la prise effective du pouvoir d’Etat (avril 2011), le gouvernement d’Alassane Ouattara a entrepris un vaste chantier de reformes de l’administration publique en vue de redorer son blason. Pour ce faire, un ministère de la fonction publique et de la reforme administrative verra le jour pour conduire ce projet de modernisation. Gnamien Konan à qui est revenu la gestion de ce département ministériel ne tardera pas à imprimer sa marque. Ce technocrate  surdimensionné au profil atypique, friand d’informatique et de nouvelles technologies  a pour lui, l’usage de solutions informatiques. Cette approche qui a fait montre de son efficacité car utilisant des  méthodes  rigoureuses, lui aura permis en si peu de temps d’avoir une administration assainie, fluide, transparente et maitrisant mieux ses effectifs. L’administration  ivoirienne présente un bien meilleur visage. Cette posture qui doit constituer le reflet de notre détermination commune à ne plus rater le nouveau train du développement, les pays africains dans  leur ensemble se doivent de l’adopter voire de se l’approprier.

A mis parcours de ce bilan nettement satisfaisant, malgré les grincements de dents observés ça et là, nous notons qu’i y a désormais lieu d’étendre la reforme à tous les compartiments de l’administration. Il est su de tous, les africains en général développent de très grosses allergies toute fois qu’il  s’agira de reformes. Pour autant, il faut les poursuivre au nom de l’intérêt général. Si  l’on peut  se vanter de ces avancées, il reste que  les fonctionnaires dénoncent régulièrement le stress, l’angoisse et le volume de travail auxquels ils sont soumis. La confidence récente au cours d’un échange avec l’un des leurs m’a été des plus surprenantes : « maintenant  en quittant la maison  on ne dit plus on va au travail, mais plutôt on s’en va travailler ». Cette expression,  aussi simpliste que banale en dit long sur son sens. Sacrés africains, ils ont tous horreur de travailler !

Jonas SARAKA
Abidjan – Œil d’Afrique

Jonas Saraka

Jonas Saraka

KOUAKOU Kouamé Jonas alias Jonas SARAKA. Licence de Journalisme, DEUG II en Sciences économiques.


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