Grands Lacs : Les grands enjeux de la guerre

Grands Lacs : Les grands enjeux de la guerre
Les grands enjeux de la guerre

Un rebelle du M23 dans les montagnes du Nord Kivu en RDC

La déstabilisation du pays a été successivement réalisée par le truchement de Jules Mutebusi, Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda et Sultani Makenga, tous reconnus comme officiers de l’armée congolaise.

Pour la énième fois, depuis la chute du régime Mobutu en 1997, la RDC fait l’objet d’une agression masquée du Rwanda. Les richesses de l’excolonie belge continuent à nourrir la convoitise des peuples de collines de l’Afrique orientale. Ils y ont pris goût et refusent de s’arrêter en si bon chemin. L’aventure semble aisée pour ces soldats venus de Kigali, autant ils ratissent large le territoire congolais et prennent soin de se remplir les poches des minerais ou d’accomplir la mission au profit des puissantes multinationales.

Toutes les guerres enregistrées dans l’est de la RDC ont comme soubassement le besoin de tirer le plus profit du sous-sol de ce pays et de créer une zone d’insécurité permanente qui échapperait totalement au contrôle du gouvernement. À tous les coups, les frontières entre le Rwanda et la RDC demeurent ouvertes pendant le conflit, servant ainsi à l’évacuation des minerais via certaines capitales occidentales.

Soumettre la RDC
Au regard de la situation actuelle dans la partie orientale du pays, notent des observateurs, l’intention du président rwandais, Paul Kagame, serait de faire fléchir la RDC au point de la soumettre à une domination de fait. Le plan irait jusqu’à empêcher le réveil du géant congolais plongé dans un profond sommeil par des élixirs concoctés pendant des décennies entre deux collines. Il faut plus que de simples discours préparés dans les salons huppés de la capitale pour relever le Congo de Lumumba.

La RDC est devenue, depuis la campagne de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, victime d’un néo-impérialisme mis sur pied par des stratèges venus d’outre-lacs. Le défunt président Mobutu Sese Seko en avait fait un constat amer, en 1996, au moment où il venait d’ «être poignardé dans le dos ». La lame du couteau avait été polie au Rwanda, ce pays voisin qui nourrissait, depuis la prise du pouvoir de Paul Kagame, l’ambition de mater la RDC.

Assouvir la vengeance
La rage de Kagame contre Kinshasa se justifierait également par un besoin d’assouvir sa vengeance contre un pays qui a servi de bouclier au régime Habyarimana essentiellement tenu par des hutus. Ce qui suffirait pour justifier ses multiples interventions dans l’est de la RDC. On serait donc en face d’une guerre ethnique exportée du Rwanda vers le Congo. Le problème de l’insécurité dans la partie orientale du pays tirerait son origine de la prise de pouvoir par le président Kagame au Rwanda.

Faisant d’une pierre deux coups, le chef d’État rwandais profiterait des razzias de ses militaires au coté des rebelles, mutins ou autres insurgés pour mettre en exécution sa politique de la terre brulée. Depuis plusieurs années, des agriculteurs et éleveurs des provinces du Nord et Sud-Kivu travaillent pourles autres, n’ayant pas forcément le temps de recueillir le fruit de leurs efforts. Cela profite à d’autres et occasionne un manque à gagner pour l’économie congolaise. C’est le fameux plan de balkanisation de la RDC qui est déjà en marche sous la barbe des filles et fils de ce pays.

Les instigateurs de révolte
À tous les coups, ceux qui sont utilisés pour déstabiliser la RDC finissent toujours par s’évanouir dans la nature sans que personne ne s’y intéresse après. C’est le cas du colonel Jules Mutebusi dont mention n’est plus faite dans aucun rapport et qui jouirait de tous les avantages dignes d’un prince du coté de la capitale rwandaise. Son compagnon, Laurent Nkundabatware, officier de l’armée congolaise à la tête de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple, est présumé détenu au Rwanda.

La demande de son extradition est restée, jusqu’ alors, lettre morte. L’ex-général congolais serait sous les bonnes grâces du Rwanda après « de bons et loyaux services » rendus aux parrains. Que dire du général déchu Bosco Ntaganda, instigateur principal de la mutinerie à l’origine de la guerre actuelle au Nord-Kivu sous un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. Il s’efface pourlaisser apparaître le colonel Sultani Makenga ainsi que d’autres nouveaux visages. Faute de la participation directe des militaires pilotés à partir de Kigali, le régime rwandais passerait par des milices présentes en RDC pour contrôler plusieurs zones minières et exploiter illicitement les richesses de ce pays.

En l’absence d’une armée capable de préserver l’intégrité territoriale, d’aucuns estiment que le salut de la RDC pourrait venir de la communauté internationale qui ne cesse de brandir des menaces contre le régime de Kigali. L’on s’attendrait également à un sursaut d’orgueil du peuple congolais de tous les horizons pour barrerla route aux visées de balkanisation. Le ton a été donné par l’église catholique à travers la marche organisée le 1er août.

Jules Tambwe Itagali

 


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