Guy Nzouba-Ndama: «Je regrette d’avoir soutenu Ali Bongo lors de la présidentielle de 2009»

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Guy Nzouba Ndama

L’ancien président de l’Assemblée nationale gabonaise, Guy Nzouba-Ndama est candidat à l’élection présidentielle gabonaise prévue le 18 août prochain.

L’ancien président de l’Assemblée nationale gabonaise, Guy Nzouba-Ndama est candidat à l’élection présidentielle gabonaise prévue le 18 août prochain. L’ancien baron du pouvoir des Bongo qui a présidé l’hémicycle pendant dix-neuf ans, avait démissionné le 31 mars dernier. Il vient de tenir son premier meeting politique à Libreville en tant qu’opposant. C’était dimanche 12 juin dernier.

Guy Nzouba-Ndama a estimé dans un entretien avec Le Monde que ce premier contact avec les gabonais était au-delà de ses attentes.

«Je me suis présenté devant des milliers de Gabonais, des jeunes pour la plupart, très attentifs. Je me sentais comme dans une salle de classe avec des élèves suspendus aux lèvres de leur professeur. Je ne m’y attendais pas», a-t-il dit au journal français.

L’ancien n°2 du Gabon accuse le pouvoir du musellement de l’opposition, empêchée de tenir un meeting dans un lieu public.

«J’ai dû l’organiser dans un collège privé. Je ne peux pas disposer d’un stade ou d’un autre lieu public. A plusieurs reprises, j’ai fait des demandes d’autorisation, en vain. Des leaders de l’opposition ont été plusieurs fois convoqués par la police judiciaire », regrette-t-il même s’il se félicite de l’absence de prisonnier politique.

Guy Nzouba-Ndama dit préférer la gestion d’Omar Bongo à celui que fait son fils actuellement.

«Omar Bongo avait une vertu cardinale, celle du dialogue. Il dialoguait toujours avec ses adversaires. Or, Ali Bongo s’est enfermé dans une coquille, entouré de sa bande de coquins et de copains. Ce qui paralyse le pays. Je ne sais pas si la volonté d’Omar Bongo était de voir Ali Bongo lui succéder. J’en doute », a-t-il laissé entendre.

Pour M. Nzouba-Ndama la gouvernance d’Ali Bongo est une catastrophe, un gâchis.

« La veste était trop grande pour lui. Il a démontré qu’il n’est pas à la hauteur de ses fonctions. Il ne fait que de la communication. Sur le terrain, la situation s’est détériorée. Il se moque de son peuple et masque ses échecs avec des discours sur l’émergence et d’autres concepts de marketing politique », flingue l’ex baron.

Guy Nzouba-Ndama dit regretter d’avoir soutenu Ali Bongo lors de la présidentielle de 2009 face à André Mba Obame.

« J’estimais qu’Ali Bongo avait la capacité d’assurer la transition. Je me suis laissé appâter par son discours et un consensus compassionnel car nous étions sous le choc de la mort d’Omar Bongo. Oui, je le regrette », explique-t-il se justifiant que le Gabon est miné par une dette passée de 17 % en 2009 à près de 40 % du PIB aujourd’hui. « Le pays sombre. Et il faut intervenir », a-t-il lancé.

A ceux qui le qualifient de girouette, l’ancien patron du Parlement gabonais estime qu’ils se trompent. Et à ses détracteurs qui le taxent d’opportuniste, Guy Nzouba-Ndama répond : «Je me suis trompé. J’ai espéré jusqu’au dernier moment qu’il (Ali Bongo) était capable d’un sursaut. Mais il n’a pas été capable de changer. Et, au regard de la désastreuse situation politique, économique et sociale qui prévaut au Gabon, Ali Bongo ne doit pas briguer un second mandat ».

Le candidat à la présidentielle dit garder l’espoir pour l’unité de l’opposition. Il évoque la possibilité de la candidature unique autour de quelqu’un qui capable de fédérer. « Pour le moment, je me considère comme porteur d’un espoir national. Et je suis prêt à assumer le leadership de l’opposition », ajoute-t-il dans ce sens.

Guy Nzouba-Ndama se réjouit des difficultés qu’il y a au parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) qui se retrouve démotivé et affaibli. Pour lui, la candidature d’Ali Bongo n’est d’ailleurs pas recevable pour le fait qu’il a trahi le peuple gabonais en présentant un faux acte de naissance.

Le candidat à la présidentielle dit proposer un projet de société démocratique avec une réforme des institutions, et une Constitution qui ne soit plus taillée sur mesure pour un seul président.

« Il me semble urgent de créer les conditions d’une véritable vie démocratique. Nous ferons tout pour que l’économie puisse fonctionner, attirer les investisseurs et réformer la fonction publique », conclu Guy Nzouba-Ndama. 

© OEIL D’AFRIQUE

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