Ouattara demande un meilleur traitement des africains expulsés d’ Israël

Ouattara demande un meilleur traitement des africains expulsés d’ Israël
Ouattara demande un meilleur traitement des africains expulsés d' Israël

Israël: Le chef de l`Etat ivoirien, S.E.M. Alassane Ouattara

Les chefs d’Etat africains ont une façon bien particulière de traiter leurs compatriotes émigrés. Très peu d’entre eux se préoccupent du sort de leurs concitoyens à l’étranger. Quand ils se rendent dans un pays en visite officielle, la traditionnelle rencontre avec la diaspora se termine par une distribution d’argent, comme un os jeté à une meute. La suite de cette aumône, on la connaît : ce sont des empoignades à n’en pas finir autour de la manne présidentielle. Les réalités quotidiennes difficiles des immigrés et leur apport à la construction nationale passent au second plan. Tel ne semble pas être l’approche du président ivoirien, Alassane Ouattara. Il a décidé de prendre ses responsabilités face à la situation inhumaine que vivent les Ivoiriens sans-papiers en Israël.

C’est une décision qui ne fera, sans doute, pas plaisir à certains, mais il y va de l’honneur des Ivoiriens et de la Côte d’Ivoire. Ne pouvant pas obliger l’Etat hébreu à régulariser ses concitoyens, il ne peut qu’assister à leur expulsion. En donnant son accord à ce processus sur lequel il n’a aucune influence, il a cependant le devoir de faire en sorte que le rapatriement se fasse dans le respect de la dignité des intéressés. Cela n’a pas toujours été le cas. Même entre Etats africains, les rapatriements par charters sont entachés de graves atteintes aux droits des personnes expulsées.

Combien de fois la Libye de Kadhafi a-t-elle renvoyé chez eux, manu militari, des travailleurs ouest -africains ? Arrêtés en pleine rue, dans leurs domiciles, sur leurs lieux de travail, ils sont d’abord détenus dans des camps de rétention et expulsés sans ménagement. Mais aucun chef d’Etat ne bronchait à l’époque. C’est vrai que la plupart d’entre eux défilaient sous la tente du « Guide » pour en ressortir avec des mallettes bourrées de dollars. Cette diplomatie du pétrodollar que Kadhafi entretenait avec les Etats africains ne faisait que l’affaire des classes dirigeantes. Et tant pis pour les pauvres immigrés. Cette façon de faire doit changer. Si la décision du président ivoirien d’accompagner le processus de rapatriement de ses quelque 2 000 compatriotes vivant en Israël participe de cette volonté d’assainir les relations entre son pays et les autres, cela ne peut qu’être louable.

Ce, d’autant que c’est dans des relations transparentes que l’on peut aussi discuter franchement des questions d’immigration. Pour la Côte d’Ivoire en particulier, voir des ressortissants de ce pays souffrir le martyre à l’étranger fait mal. Voilà un pays, jadis prospère, qui était plutôt un pays d’accueil, qui voit ses fils perdus dans un pays inhospitalier. Il y a de quoi fouetter l’orgueil de tout Ivoirien qui a connu la belle époque, celle du premier président, Félix Houphouët- Boigny. Alassane Ouattara, en digne héritier de ce dernier, ne pouvait, sans doute, plus supporter de voir ces souffrances et cet ostracisme que certains Ivoiriens subissent en Israël. Quitte à faire des mécontents, il a préféré donc prendre ses responsabilités. Reste à trouver des mesures d’accompagnement pour la réinsertion de ces rapatriés. Mais au-delà des opérations ponctuelles, Alassane Ouattara doit travailler à redonner à la Côte d’Ivoire son lustre d’antan afin que la Côte d’Ivoire redevienne cet Eldorado qu’aucun Ivoirien ne voulait quitter pour rien au monde.

Mahorou KANAZOE

 

 

 

Bona

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L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.


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