JB Mpiana : « la RD Congo n’a pas de politique culturelle »

JB Mpiana. Capture d'écran Youtube.

JB Mpiana. Capture d’écran Youtube.

Voici une déclaration qui va surprendre les détracteurs de JB Mpiana qui le lie avec le pouvoir de Kinshasa. Le leader du groupe Wenge Musica BCBG, était l’invité dimanche de Papy Mboma dans l’émission B-One Music. C’est avec une grande surprise que le chanteur s’est livré à un plaidoyer contre la politique culturelle en République Démocratique du Congo.

 » Notre pays a un véritable potentiel culturel. Mais n’a pas de politique culture. Nous ne sommes pas soutenus par les politiciens qui dirigent notre pays. Il ne faut pas se tromper. Lorsqu’on demande une aide pour soutenir la musique, cela ne veut pas automatiquement dire « distribuer » l’argent aux artistes. » déclare JB Mpiana.

En ce qui concerne le cas du fameux aide de deux millions de dollars, de la part de l’Etat Congolais pour soutenir les oeuvres artistiques, JB Mpiana affirme ne « pas avoir vu la trace de cette somme« . Il reconnait en avoir entendu parlé mais « jamais vu« .

Surnommé Papa Chéri, l’artiste ne prend pas de gants pour dénoncer l’usage du Palais du Peuple par le parlement congolais. Un bâtiment qui selon lui, était et devrait rester réservé à la culture.

 » Savez-vous que le Palais du peuple était un endroit qui permettait à nous autres musiciens de pouvoir jouer des concerts dans un cadre respectable. Mais aujourd’hui, c’est le parlement qui se l’ai approprié. Ne parlons même pas du cas du Cinéma Paladium qui n’existe plus. Il a été revendu sans explication. Devons nous continuer à jouer dans des hôtels? » s’interroge le leader de Wenge BCBG.

La critique est aussi pour la situation actuelle de la musique congolaise. JB Mpiana justifie le retard que connait la sortie de son album. Plusieurs maux dont est victime la rumba congolaise.

« Notre musique souffre. Notre musique est malade. Il faut être capable de le reconnaitre. Mon analyse est que beaucoup sortent des albums juste pour le fun. Mais il faut leur poser la bonne question. Combien gagnent-ils avec les multiples albums qu’ils sortent tous les jours? Moi, je préfère m’inspirer d’un grand chanteur comme Michel Jackson qui a été et resté le numéro un mondial. Lui, n’a pas dépassé 5 albums. » dit JB Mpiana.

Le chanteur du tube « 48 heures » reste un homme blessé. Un artiste qui continue à souffrir du boycott de la musique et de concerts imposé par une partie de la diaspora congolaise en occident. Pour lui, les chanteurs sont des simples marchants et ne peuvent refuser de ventre à un client. Peu importe ses opinions politiques.

« Cette affaire de boycott justifié par le fait d’avoir chanté pour le Président Joseph Kabila est selon moi issue d’une incompréhension. Je ne vois pas en quoi la politique a changé nos vies de musiciens. Aujourd’hui, la sélection nationale du football, les léopards du Congo ont fait l’honneur du pays en finissant 3eme de la Can 2015. Ces joueurs ont-ils un autre président que nous autres chanteurs? » souligne JB Mpiana.

En mot de fin, JB Mpiana reste tout de même confiant et garde espoir de voir la diaspora congolaise revenir sur cette décision qui n’aide en rien la promotion de la musique congolaise.

______________

Par Roger Musandji

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


Tags assigned to this article:
B-oneJb mpianaPapy Mboma

[wp_ad_camp_4][wp_ad_camp_4][wp_ad_camp_4]

Related Articles

Brazzaville: Studio d’art, un espace pour promouvoir la danse et le théâtre

Pour la première fois au Congo-Brazzaville, une école ouvre à tous ses portes pour ce genre d’activités Depuis le 1er octobre,

RDC / Très malade, Tshala Muana évacuée d’urgence en Inde

La chanteuse congolaise Elisabeth Mudikelay dit Tshala Muana se trouve présentement à New Delhi en Inde pour des raisons de

Patricia Kazadi, une star en devenir

La jeune chanteuse polonaise d’origine congolaise s’est fait connaître du grand public grâce au clip de la chanson Wanna feel you now

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*