Le Kenya se retire de la force ONU au Soudan du Sud

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Le président kényan Uhuru Kenyatta

Le président kényan Uhuru Kenyatta

Le Kenya a annoncé mercredi le retrait de ses troupes au sein de la mission de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss) après le limogeage du commandant kényan des Casques bleus dans ce pays, accablés par un rapport onusien pour leur réaction « chaotique et inefficace » aux violences de juillet à Juba.

« Le gouvernement du Kenya estime que le déploiement de ses troupes au Soudan du Sud n’est plus tenable et constitue une menace pour leur sécurité et leur bien-être », affirme le ministère kényan des Affaires étrangères dans un communiqué, disant avoir appris avec « consternation » le limogeage du général Johnson Mogoa Kimani Ondieki.

Le contingent kényan, l’un des plus importants de la Minuss, compte environ 1.000 soldats sur les 13.500 hommes déployés.

« La Minuss souffre de dysfonctionnements fondamentaux, structurels et systémiques », a ajouté le ministère. « Il est regrettable qu’au lieu de s’attaquer directement à ces lacunes, les Nations unies aient décidé de les attribuer injustement à un seul individu ».

Le Kenya, situé au sud-est du Soudan du Sud, a en outre assuré avoir refusé l’offre de l’ONU de nommer un autre commandant, et indique ne plus vouloir être impliqué dans le processus de paix dans le pays voisin.

L’annonce, si elle est suivie d’effet, pourrait s’avérer dommageable à plusieurs égards: outre le volume du contingent kényan au Soudan du Sud, le rôle de Nairobi dans le processus de paix au Soudan du Sud n’est pas négligeable, notamment en tant que membre de l’Igad, organisation régionale ayant supervisé la signature d’un très fragile accord de paix en août 2015.

Des combats meurtriers avaient opposé du 8 au 11 juillet les troupes du président Kiir à celles de l’ex-chef rebelle et alors vice-président du pays, Riek Machar.

Un enquête publiée mardi par l’ONU sur la réaction des Casques bleus lors de ces combats a mis en cause des lacunes de commandement au sein de la Minuss, « le manque de préparation » des Casques bleus face à l’imminence prévisible d’une reprise des affrontements entre forces gouvernementales et rebelles sud-soudanais, et une « aversion aux risques » les rendant réticents à user de la force pour protéger les civils.

L’enquête, qui a mené au limogeage immédiat du général kényan, affirme en outre que la force onusienne au Soudan du Sud a notamment « échoué à répondre » à l’incursion le 11 juillet de soldats sud-soudanais dans un hôtel proche d’une base des Nations unies et abritant des employés d’organisations internationales.

Selon l’organisation Human Rights Watch, plusieurs employées étrangères avaient été violées et un journaliste sud-soudanais abattu devant témoins.

AFP

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