La CPI rend son 1er verdict pour meurtres, contre un ex-chef de milice congolais

La CPI rend son 1er verdict pour meurtres, contre un ex-chef de milice congolais

L’ex-chef de la milice congolaise FNI, Mathieu Ngudjolo Chui, le 15 mai 2012 lors de son procès devant la CPI à La Haye
© ANP/AFP/Archives Michael Kooren

La Cour pénale internationale rend ce mardi son premier verdict sur les accusations de meurtres et de viols imputés à l’ancien chef de milice de la République démocratique du Congo (RDC), Mathieu Ngudjolo Chui.

Ancien dirigeant présumé du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), une milice congolaise, Mathieu Ngudjolo Chui est accusé d’avoir voulu « effacer totalement » un village de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC.

Les affrontements interethniques entre milices qui se disputaient les terres de cette région riche en ressources naturelles, dont l’or, le pétrole ou les diamants, avaient débuté en 1999 et ont, selon l’accusation, « dévasté » la zone. Selon les ONG, ces violences ont fait plus de 60.000 morts.

Selon l’accusation, des combattants des ethnies Lendu et Ngiti du FNI, en collaboration avec des hommes de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI), une autre milice, ont attaqué le 24 février 2003 le village de Bogoro, tuant plus de 200 personnes.

Au centre de ce village de l’ethnie Hema se trouvait un camp militaire de leurs ennemis de l’Union des patriotes congolais (UPC) de Thomas Lubanga, qui a été déclaré coupable en mars d’avoir enrôlé des enfants soldats lors du premier jugement prononcé par la Cour. Il avait ensuite été condamné à 14 ans de prison.

Pendant l’attaque de Bogoro, M. Ngudjolo Chui, 42 ans, et le chef des FRPI, Germain Katanga, 34 ans, ont « utilisé des enfants soldats et tué plus de 200 civils en quelques heures, ils ont violé des femmes, des filles et des femmes âgées, ils ont pillé le village et transformé des femmes en esclaves sexuelles », avait affirmé l’ancien procureur de la Cour, Luis Moreno-Ocampo, lors de l’ouverture du procès il y a trois ans.

Selon le bureau du procureur, l’attaque ne visait pas uniquement le camp militaire de l’UPC mais également la population civile du village, afin de prendre le contrôle de la route voisine qui mène à Bunia, le chef-lieu de l’Ituri, et qui relie le Lac Albert, situé un peu plus à l’est, à la frontière avec l’Ouganda, « pour faciliter l’acheminement de marchandises ».

Instigateurs de l’instabilité dans la région des Grands Lacs

ermain Katanga, transféré à La Haye en octobre 2007, et Mathieu Ngudjolo Chui, transféré en février 2008, sont tous les deux accusés de meurtre, viol, esclavage sexuel, utilisation d’enfants soldats, attaques contre des civils, notamment. Ils ont tous les deux plaidé non coupable pendant leur procès, qui avait commencé le 24 novembre 2009 et s’était achevé le 23 mai. Les deux affaires ont ensuite été séparées en novembre.

A la fin du procès, Mathieu Ngudjolo Chui avait affirmé avoir appris l’attaque de Bogoro le 6 mars 2003 à Bunia « lors d’une rencontre avec des généraux ». « Mon métier était de nature humanitaire, je n’étais pas un combattant, j’étais infirmier », avait-il ajouté, assurant ne jamais avoir été membre d’une milice.

S’il est déclaré coupable, M. Ngudjolo Chui encourt jusqu’à 30 ans d’emprisonnement, sauf si les juges estiment que les crimes commis étaient d’une « extrême gravité ». Ils peuvent alors prononcer la réclusion à perpétuité. Cette sentence sera prononcée lors d’une audience ultérieure.

Outre MM. Lubanga, Ngudjolo Chui et Katanga, la CPI réclame l’arrestation du général mutin Bosco Ntaganda, soupçonné d’être le chef des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), et du commandant suprême des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), considérées comme l’un des principaux fauteurs de troubles dans la région des Grands Lacs africains.

Les rebelles du M23 avaient lancé en avril-mai une offensive qui a conduit à l’occupation pendant douze jours, en novembre, de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu aux immenses richesses minières. Sous forte pression internationale, le M23 a accepté de se retirer le 1er décembre de la ville en échange de négociations avec le régime de Joseph Kabila. De premiers pourparlers se sont ouverts le 9 décembre à Kampala.

Avec AFP

 

 

 

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