La dictature des propriétaires dans les grandes villes africaines

La dictature des propriétaires dans les grandes villes africaines
propriétaires dans les grandes villes africaines / immobilier afrique

Photo: Reuters

Être locataire n’est pas une fatalité en soi. C’est souvent un passage obligé dans de nombreuses situations sociales carl’on ne naît pas propriétaire mais on le devient. Et la trajectoire résidentielle, pour la majorité des gens, est la suivante : d’abord on est logé par un parent, ensuite l’on devient locataire et enfin propriétaire. Cette réalité sociale est connue de tous, même si certains nouveaux logeurs font semblant de l’ignorer en maltraitant leurs locataires.

Ces derniers temps dans nos grandes villes, l’on constate que le prix des loyers est trop exagéré avec des exigences au-delà de la normale comme le versement de quatre ou six mois de caution pour pourvoir intégrer la maison. Les pouvoirs publics, qui ont pris la mesure de cette situation, souhaitent voir régner du côté des logeurs l’esprit de solidarité nationale et d’humanisme en général afin que les coûts des loyers ne s’augmentent abusivement. Mais hélas ! Sur le terrain, c’est le contraire qui se produit.

Tout le monde sait pourtant que sur cette « marchandise immobilière », c’est-à-dire les maisons en location dans les quartiers populaires, l’Etat ne prélève aucune taxe. Il s’agit donc là ni plus ni moins d’un commerce qui ne dit pas son nom. Alors pourquoi des agissements parfois intolérables de certains logeurs ? La maison à louer tend à devenir la même chose que la denrée vendue sur le marché et n’importe quel article vendu dans un magasin avec la seule différence que celle-ci n’appartient que momentanément à celui qui l’acquiert.

Non seulement, pour accéder à ces maisons, il faut verser des mois de caution mais il faut aussi accepter l’augmentation incessante du loyer même si le logement n’est pas réfectionné ou amélioré. Pire encore, certains logeurs vont jusqu’à demander à leurs locataires de revoir à la hausse la caution car, pour eux, et cela sans gène, le nouveau coût du loyer doit être proportionnel à la caution. Quelle bizarrerie !

Ces logeurs limitent le nombre d’enfants que doivent avoir leurs locataires pour intégrer la maison. Ils ne s’arrêtent pas là etlimitent aussi le nombre de visites des parents des locataires, le nombre journalier d’usage de toilettes, de prise d’eau au robinet, interdisent aux enfants des locataires de s’amuser dans la cour, se présentent brutalement devant la porte du locataire à l’heure X où le mois vient à peine de s’achever pour demander le paiement mensuel du loyer. Par convention il est donné au locataire, si on veut le sortir de la maison, un préavis raisonnable pour qu’il recherche un nouveau logement. Mais, sans honte aucune, l’on voit souvent le logeur afficher au portail une plaque portant l’inscription « maison à louer » sans avertir le locataire qui y vit encore. Et il ne s’arrête pas là puisque le jour même de la sortie du locataire, il crée des scénaris insoutenables et gesticule pour confisquer la caution préalablement saisie. « Vos enfants m’ont abîmé ceci, m’ont abîmé cel » sont leurs propos fétiches.

Non, nous ne prenons pas le parti des locataires mais nous condamnons les agissements malséants et antisociaux de ces logeurs qui ont oublié qu’hier, ils étaient aussi locataires. Les autorités doivent poursuivre sans relâche la construction des logements sociaux car se loger décemment est l’une des premières exigences sociales.

Faustin Akono

 

 


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