La RDC se dote de nouveaux billets de banque

La RDC se dote de nouveaux billets de banque

La RDC va progressivement mettre en circulation des coupures de 1 000, 5 000 et 10 000 CDF, en plus de celles de 50, 100, 200 et 500 déjà existantes. Elles seront émises dans les grandes villes, et particulièrement les principaux pôles d’activité économique, puis la couverture s’étendra au reste du pays, selon la Banque centrale.

« Pour 100 dollars, combien faut-il de billets de 500 ou 200 francs congolais ? » Le président de la commission économique, financière et de bonne gouvernance du Sénat pose le problème avec le sourire. Mais Evariste Mabi Mulumba, également ex-président de la Cour des comptes, se garde bien de résoudre l’équation.

Pas que le calcul lui échappe : avec un taux de 1 dollar pour environ 920 francs congolais (CDF), 100 billets verts valent 184 coupures de 500 CDF, et 460 de 200 CDF. Plutôt, son silence souligne que de nombreux Congolais doivent transporter des liasses de billets pour accomplir de simples transactions, comme le règlement de leurs factures.

Lutte contre la dollarisation de l’économie

L’environnement macroéconomique de la RDC est « au beau fixe », sa croissance est globalement comprise « entre 5% et 7% » depuis cinq ans, et le taux de change reste « remarquablement stable », explique notamment dans un discours le gouverneur de la Banque centrale, Jean-Claude Masangu.

Hormis la facilitation des transactions, l’ex-Zaïre espère « réduire les coûts de production, de stockage, de transport et de distribution des billets de banque que supporte l’Institut d’émission ». Autre priorité : la lutte contre la dollarisation de l’économie pour que la monnaie nationale ne soit plus « reléguée au rang de sous-multiple du dollar américain ».

« C’est une bonne idée en principe mais, actuellement, si vous avez une facture de 1 275 francs, vous allez en payer 1 300 parce qu’on ne pourra pas vous rendre la monnaie. Vous laissez les 25 francs là ! », fulmine Christophe Tshibumbu wa Katanda, président du Collectif des défenseurs des consommateurs de la RDC.

Deux billets de 1000 et 5000 F congolais, deux des quatre nouvelles coupures émises par la Banque centrale du Congo en début de semaine. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

« En Europe, où les gens touchent un salaire viable, on ne laisse pas un centime à la caisse. Alors pourquoi ici, où les gens touchent un salaire faible, ils doivent laisser 25 francs ? On est en train de faire faire une épargne forcée au consommateur, mais malheureusement cette épargne n’est pas exploitée » pour améliorer le bien-être des quelque 70 millions de Congolais, dont deux tiers vivent avec 1,25 dollar par jour, poursuit le militant.

La Banque centrale promet que les coupures de 50, 100 et 200 CDF vont disparaître au profit de pièces de même valeur. Mais pour Godefroid Kabengele Dibwe, professeur d’économie internationale à l’Université de Kinshasa, « la sortie des nouveaux billets doit s’accompagner de pièces de 1, 5, 10 ou 20 francs pour rendre les transactions plus fluides. »

« Un taux d’inflation de 23 000% »

Alors que Jean-Claude Masangu et le gouvernement multiplient les messages pour sensibiliser et rassurer la population, Jonas Tshiombela, président de la Nouvelle société civile congolaise, met en garde : « Il y a toujours des dérapages, des spéculateurs qui arrivent, en profitent pour perturber le système tel qu’il est équilibré maintenant ».

Cette crainte résulte entre autres de la terrible année 1993. « La RDC a enregistré un taux d’inflation de 23 000%, des intérêts très hauts, la cessation des intermédiations bancaires et des investissements en déclin dans tous les secteurs de l’économie », résume un rapport de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), dont l’ex-colonie belge est membre.

« Le contexte est tout à fait différent de 1993, où la RDC ne disposait presque pas de devises, précise le sénateur Mabi Mulumba. La Banque centrale dispose à l’heure actuelle d’un peu plus de 1,2 million de réserve de change. Si jamais sous l’effet psychologique il y avait une tendance à hausser les prix, elle pourrait intervenir rapidement. »

© RFI : Habibou Bangré

Bona

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