L’accès à « l’hôpital des Marocains », un parcours du combattant

L’accès à « l’hôpital des Marocains », un parcours du combattant

Franchir le portail du bataillon des sports qui abrite depuis un mois l’hôpital chirurgical militaire de campagne est devenu le casse-tête quotidien de nombreux Brazzavillois.

Dès l’aube, ils se comptent par centaines chaque jour à vouloir accéder à des soins jugés nettement meilleurs, offerts gracieusement par la mission du royaume chérifien. Des personnes du troisième âge surtout, obligées de camper aux abords du camp d’Ornano. « Voici plus de deux semaines que nous venons ici dès quatre heures du matin, on a toujours pas rencontré de médecin », se plaint une jeune femme en compagnie d’une femme âgée au pas lourd. En raison, sans doute, d’une offre de soins qui laisse à désirer dans les hôpitaux de Brazzaville, l’affluence ne faiblit pas depuis l’ouverture au public de cet hôpital venu secourir les victimes de la catastrophe de Mpila. Les patients abordés par Les Dépêches de Brazzaville apprécient notamment l’accueil, la qualité des soins et surtout la gratuité des produits et services. C’est le cas de Norbert Mongo, un jeune fonctionnaire congolais.

« Ma femme sou re du myome. Elle était suivie à l’hôpital de Talangaï mais nous nous sommes vus obliger de venir ici pour un problème d’argent. À Talangaï, après toutes les dépenses faites pour les consultations, examens et autres, on nous demandait 260 000 FCFA pour réaliser l’opération. N’ayant pas cet argent, nous avons entrepris la démarche ici, où nos compatriotesnous rendent la vie dure », se lamente-t-il.

Comme bien d’autres patients, son épouse et lui-même ne savaient plus à quel saint se vouer le 7 avril. Bien qu’ayant réussi à franchir le portail de la caserne d’Ornano, le couple a vu coup sur coup quatre rendez-vous avec le médecin ajournés, avant de s’entendre dire ce jour que leur échéance était passée. « Le dernier rendez-vous était fixé à hier, le 6 avril. Nous avons attendu de 5 heures du matin à 17h 30 sans être reçus. Ce matin, un capitaine congolais nous dit que seuls les cas programmés pour le 7 avril seront traités, demandant au médecin marocain de suivre cette conduite. Donc, tous les cas non traités hier sont oubliés. Après des semaines d’attente, on ne sait plus quoi faire », a poursuivi Norbert.

Dans l’enceinte du camp, la tente tenant lieu de salle d’attente est bondée à tel point que les patients se dispersent dans les coins et recoins de la cour pour s’abriter du soleil. Arriver à approcher les médecins marocains est réservé aux chanceux. L’hôpital chirurgical militaire de campagne, dont les responsables disent continuer leurs activités quelque temps, est doté de près d’une vingtaine de services. Il offre des soins spécialisés aux patients congolais qui vivent pour la seconde fois l’expérience de soins médicaux assurés par des spécialistes marocains, après celle de la période du cinquantenaire de l’indépendance du Congo en août 2010.

 

Thierry Noungou


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