L’Angola donne sa position face aux crises sur le continent

L’Angola donne sa position face aux crises sur le continent

La Communauté économique des Étatsde l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) aplaidé, à Addis-Abeba, pour le retour ausein des instances de l’Union africaine(UA) de la Guinée-Bissau, suspendueaprès le putsch des militaires en avril2012. Une démarche rejetée parl’Angola, dont la délégation au derniersommet des chefs d’État et degouvernement de l’UA (27-28 janvier),dans la capitale éthiopienne,comprenait le secrétaire d’État auxAffaires étrangères, Manuel Augusto.

« Il y a une tendance de la CEDEAO, avec le Nigeria en tête, d’obliger l’Union africaine à lever les sanctions et la suspension de la Guinée-Bissau en arguant que la situation est redevenue normale. Cette vision n’est pas celle de l’Angola et de la communauté des pays de langue portugaise », s’est insurgé le

représentant angolais. Au final, la cause était entendue pour l’organisa­tion sous-régionale ouest-africaine, comme l’a indiqué la partie angolaise dans le bulletin d’information diffusé par les services de son ambassade à Brazzaville. Les sanctions contre la Guinée-Bissau seront levées plus tard, lorsque les conditions, dans une telle éventualité, auront été étudiées par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA.

Les points de divergence…

Mais ce n’est pas seulement sur ce point que Luanda est en contradiction avec d’autres capitales africaines. Puis­sance militaire indéniable dans la sous-région d’Afrique centrale, l’Angola a critiqué « l’incapacité » de l’Afrique à se doter de moyens susceptibles de lui permettre de « résoudre, et de préfé-

rence, prévenir les conflits ». Concer­nant l’intervention française au Mali, l’Angola y voit une « faiblesse desÉtats africains », estimant que re­mercier la France d’être venue résou­dre militairement une crise qui frappe un État africain n’est pas honorable. « La pauvreté et les ressources ma­térielles ne peuvent pas servir dejustifications à l’incapacité del’Afrique à affronter ses propres pro­blèmes », lit-on dans le bulletin.

Autre sujet, autre contradiction : Luanda ne semble pas non plus favo­rable, de prime abord, à la proposition du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de créer une brigade spé­ciale d’intervention de 2 500 hommes à déployer dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Pour l’Angola, la question mérite d’être ré-

examinée afin d’obtenir « un docu­ment plus conforme à la réalité ». Des divergences existent, même si les autorités angolaises indiquent ne pas être en contradiction avec l’ONU sur ce sujet.

L’Angola rejette l’idée de l’ONU et propose 4000 hommes en RDC

En lieu et place de la brigade suggérée par Ban Ki-moon, les Angolais évo­quent « une initiative conjointe » avec la Communauté de développement des pays de l’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale des pays de la région des Grands Lacs (CIRGL), pour constituer une brigade de 4 000 hommes relevant des pays concernés. Ce contingent serait dé­ployé le long de la frontière commune entre la RDC et le Rwanda, en coordi-

nation avec la Monusco (Mission des Nations unies en RDC). Luanda recon­naît néanmoins qu’une opération de cette envergure coûterait beaucoup d’argent dont les pays de la sous-ré­gion ne pourront disposer. «L’ONU estle cadre approprié pour qu’une tellemission soit couronnée de succès », note-t-on.

Dimanche prochain, sous l’égide du se­crétaire général de l’ONU et d’autres partenaires, une dizaine de chefs d’État africains pourront signer, à Ad­dis-Abeba, l’initiative de Ban Ki­moon sur la RDC. Quelle sera la po­sition de l’Angola qui souhaiterait, avant toute chose, que soit mis fin à la rébellion et à l’action des « forces négatives » opérant à l’est de ce pays ? Attendons de voir.

Gankama N’Siah


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