L’Angola vote pour choisir un successeur au président dos Santos

Des affiches électorales pour Isaias Samakuva, candidat à l'élection présidentielle en Angola pour le parti Unita, à Luanda, le 22 août 2017 | AFP | MARCO LONGARI

Des affiches électorales pour Isaias Samakuva, candidat à l’élection présidentielle en Angola pour le parti Unita, à Luanda, le 22 août 2017 | AFP | MARCO LONGARI

Les Angolais ont commencé à voter mercredi pour choisir un successeur au président José Eduardo dos Santos, qui s’apprête à prendre sa retraite après un règne autoritaire de 38 ans à la tête d’un pays secoué par une grave crise économique.

Les bureaux de vote pour ces élections législatives ont ouvert comme prévu à 07H00 (06H00 GMT). Selon la Constitution, la tête de liste du parti vainqueur sera investi chef de l’Etat.

Au pouvoir depuis l’indépendance arrachée en 1975 au Portugal, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) devrait l’emporter une nouvelle fois et envoyer son candidat et dauphin désigné, l’ex-ministre de la Défense Joao Lourenço, dans le siège laissé vacant par le « camarade numéro 1 ».

Usé par la maladie, M. dos Santos, 74 ans, a publiquement adoubé son successeur lors du dernier rassemblement de campagne de son parti.

« Nous n’avons aucun doute (…) notre candidat sera le futur président de la République », a-t-il lancé samedi dernier d’un filet de voix fatigué à ses partisans, réunis dans une banlieue poussiéreuse de Luanda.

Le président sortant et son dauphin sont attendus mercredi à 09H00 au bureau 1047 dans le centre ville de Luanda, où des électeurs faisaient la queue pour glisser leur bulletin.

Apparatchik du MPLA, Joao Lourenço, 64 ans, un général à la retraite sans grand charisme, a promis de glisser ses pas dans ceux de son prédécesseur.

« Comme le dit notre slogan, je vais améliorer ce qui va bien et corriger ce qui va mal », a-t-il déclaré à la presse. « Si j’y parviens, j’aimerais être reconnu dans l’histoire comme l’homme du miracle économique en Angola ».

Sa tâche s’annonce délicate car le principal pays producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, avec le Nigeria, traverse une passe difficile.

Crise

Au sortir d’une meurtrière guerre civile, l’Angola a affiché à partir de 2002 des taux de croissance à deux chiffres grâce à sa manne pétrolière. Mais il y a trois ans, la chute des cours de l’or noir l’a précipité dans la tourmente en creusant sa dette et en faisant exploser l’inflation et dégringoler sa monnaie.

Ecartée des bénéfices du boom pétrolier, la majorité des 28 millions d’Angolais a subi le choc de plein fouet.

« La vie est vraiment trop difficile », a confié Jean Domingo, 49 ans, un habitant de l’est de la capitale au chômage depuis six ans, « il faut installer au pouvoir un parti qui a le souci du sort des Angolais, pas celui de se remplir les poches ».

Les deux principaux d’opposition, l’Unita et la Casa-CE, ont surfé tout au long de la campagne sur ce ras-le-bol, de plus en plus partagé.

« Nous ne pouvons pas continuer à souffrir ainsi. Nous devons changer tout ça (…) c’est un devoir patriotique de dire au MPLA +va te reposer un peu+ », a martelé le chef de l’Unita, Isaias Samakuva, lors de sa dernière grande réunion publique à Luanda.

« Nous ne pouvons pas continuer à être un pays potentiellement riche mais habité par des citoyens pauvres », a renchéri son rival de la Casa-CE, Abel Chivukuvuku, « nous avons besoin d’un gouvernement sérieux et patriotique, qui ne pratique pas la corruption et la mauvaise gouvernance ».

Ses adversaires reprochent à José Eduardo dos Santos d’avoir mis en coupe réglée des pans entiers de l’économie du pays, confiés à sa famille ou des proches.

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