Le combat du siècle Ali vs Foreman à Kinshasa fête ses 38 ans

Le combat du siècle Ali vs Foreman à Kinshasa fête ses 38 ans
Ali vs Foreman

Ali vs Foreman combat à Kinshasa 30 octobre 1974

Jeudi 30 novembre 1974-dimanche 30 novembre 2011, il y a 38 ans jour pour jour se déroulait à Kinshasa le combat du siècle entre Mohamed Ali et George Foreman. Le combat de boxe des poids lourds entre Mohamed Ali et George Foreman a eu lieu au stade du 20 mai, actuellement stade Tata Raphaël, de la capitale congolaise.

Pour la circonstance, Kinshasa a revêtu sa plus belle robe pour accueillir cet évènement planétaire. Des avenues retapées et décorées, le transport réorganisé et beaucoup de sites touristiques ont été réhabilitées. De tous, le stade du 20 mai a focalisé le plus d’attention possible, des gradins, des projecteurs aux installations attenantes, tout avait été reconditionné.

Une action  marketing

Ali vs Foreman En marge de cet évènement sportif, un grand festival international de musique a eu lieu à Kinshasa. Une grande action marketing pour le régime du président Joseph-Désiré Mobutu !!! Les enjeux étaient de taille.

D’un côté, le pays hôte, la République du Zaïre, avec son président, Joseph -Désiré Mobutu qui tenait à effacer certains travers de son régime. Dans le film documentaire intitulé « When We were King » (quand nous étions le Roi », le producteur américain Léon Gast a souligné que ce combat du siècle était également une bonne action publicitaire pour le régime du Général Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko en quête de crédibilité internationale afin de masquer le caractère dictatorial du pouvoir de Kinshasa. De l’autre, le tout grand Muhamad Ali qui tenait à tout prix à reconquérir son titre mondial ravie de la manière que l’on sait. (Il a perdu en 1973 face à Ken Norton qui lui, a été copieusement battu par George Foreman). Tandis que George Foreman lui ne cherchait qu’à conserver sa couronne de poids lourds décroché, de belle manière devant Ken Norton.

La capitale mondiale de la boxe

La valeur pugilistique de deux boxeurs avait donné un cachet spécial à ce duel. Ce qui lui a valu du reste l’appellation de « Combat du siècle ». Jusque-là la reconquête du titre mondial dans la catégorie des lourds n’avait qu’un seul nom, celui de Floyd Patterson. Le combat du Siècle entre Ali et Foreman fait de Kinshasa la capitale mondiale de la boxe. Le stade lui-même est plein à craquer comme un œuf, scande à l’unisson : « Ali Boma ye » ( Ali tuez-le). Les habitants du Kinshasa et les étrangers qui ont pris d’assaut le stade  20 Mai étaient totalement acquis à la cause de Muhammad Ali. La foule en délire accompagnait toutes les actions marquantes de l’idole, scandait comme dans un chœur : « Ali Boma ye ( Ali achève-le) tandis que la star du ring répétait « Ali bum ye ».

Au 8ème ; Ali décoche un crochet droit qui ébranle George Foreman. Le boxeur texan (Foreman) chancelle, avant de s’écrouler sur le ring. Muhamad Ali gagne le combat par KO technique, devant des centaines de milliers de téléspectateurs présents au stade ou rivés devant leurs postes téléviseurs ! A Kinshasa, c’est la liesse populaire ! Ali le comprit et le déclara quelques instants après le combat. « Allah était à mes côtés. Je suis heureux d’avoir, une fois de plus réalisé ce que j’avais prédit ; livrer un bon combat devant mes frères africains qui m’ont accueilli avec tant de chaleur ». George Foreman n’était pas moins africain- américain que lui, mais Muhamad Ali avait déjà en Afrique en général, au Zaïre en particulier, une renommée à nul autre pareil dans cette discipline sportive.

Un activiste des droits de l’homme

Objecteur de conscience et  militant des droits de l’homme (surtout des Noirs), Ali avait toutes les faveurs du public, plus exhibitionniste et plus communicatif. «  Tout cela a son importance surtout en boxe », a expliqué le réalisateur Léon Gast.

Avec ses 11 millions de dollars américains, le combat du siècle Ali-Foreman surclassait, sur le plan financier, tous les 128 championnats du monde de boxe précédents. Aujourd’hui, force est de constater que trente-sept ans après cet évènement planétaire, le stade du 2à mai, redevenu  aujourd’hui stade Tata Raphaël est totalement abandonné à son triste sort. Portail écroulé, installations sanitaires complètement impraticables, pelouse synthétique presqu’à l’abandon, tribunes dépourvues de sièges…

Le stade Tata Raphaël est aujourd’hui menacé d’écroulement. C’est vraiment dommage pour un peuple qui n’a plus de repères, ni de culture de mémoire et le respect des sites touristiques.

Luc-Roger  Mbala Bemba


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