Le Kenya vote en masse après une nuit marquée par la mort de policiers

Le Kenya vote en masse après une nuit marquée par la mort de policiers

Les électeurs affluent en grand nombre lundi dans les bureaux de vote au Kenya, où six policiers ont été tués dans la nuit dans la ville portuaire de Mombasa, quelques heures avant des élections générales sur lesquelles plane l’ombre des terribles violences ayant marqué le précédent scrutin.

Les électeurs affluent en grand nombre lundi dans les bureaux de vote au Kenya, où six policiers ont été tués dans la nuit dans la ville portuaire de Mombasa, quelques heures avant des élections générales sur lesquelles plane l’ombre des terribles violences ayant marqué le précédent scrutin.

A travers le pays, d’impressionnantes files d’électeurs, formées souvent dès avant l’aube, s’étirent devant les bureaux de vote, qui ont pour la plupart ouvert à 06H00 (03H00 GMT), malgré certains retards.

Une série de dysfonctionnements ont été constatés dans divers bureaux à travers le pays et ralentissaient les opérations.

« Je voulais être le premier, mais la file n’avance pas », se plaignait à Mombasa Daniel Mbugua, arrivé dès 03H00.

La présidentielle s’annonce extrêmement serrée, les deux favoris, Raila  Odinga et Uhuru Kenyatta, étant très proches dans les sondages.

La clôture du scrutin est prévue à 17H00 mais tous les retards seront compensés, a assuré le président de la Commission électorale, Isaack Hassan.

Des défaillances de kits biométriques, permettant de vérifier l’identité des électeurs et censés empêcher toute fraude, ont été signalés dans de nombreux bureaux, où les scrutateurs ont dû passer au contrôle sur liste papier.

Le chef de la police kényane, David Kimaiyo, a de son côté annoncé l’envoi de 400 policiers en renfort à Mombasa, deuxième ville du pays, où « six policiers et six assaillants ont été tués », au cours de deux affrontements armés dans la nuit dans cette région.

« Les policiers sont tombés dans une embuscade » tendue par un groupe d’environ 200 assaillants « armés de fusils, d’arcs et de flèches », a-t-il expliqué, attribuant implicitement les attaques au Conseil républicain de Mombasa (MRC), groupe séparatiste local qui a appelé au boycott du scrutin.

Par ailleurs, un bureau de vote de Mandera, localité frontalière de la Somalie, été visé par une bombe artisanale qui n’a pas fait de victime et n’a que temporairement interrompu le vote, a poursuivi M. Kimaiyo.

« Il est évident que ces attaques (à Mombasa) ont été coordonnées afin d’empêcher le vote dans ces zones », a estimé la Commission nationale sur les droits de l’Homme (KNCHR), institution para-publique, ajoutant que des bureaux de vote de la localité de Kilifi n’ont pas ouvert, « les assesseurs craignant pour leur vie après les attaques ».

La KNCHR critique également la « désorganisation » constatée dans de nombreux bureaux et « les pannes massives des appareils biométriques », en plus d’autres incidents mineurs.

Dans plusieurs circonscriptions de la région du Delta de la rivière Tana, théâtre en 2012 d’affrontements ethniques présumés instrumentalisés en vue des élections locales et qui ont fait une centaine de morts, plusieurs électeurs n’ont pu voter faute de trouver leur nom sur les listes.

La police a affirmé avoir déployé 99.000 policiers sur l’ensemble du territoire. Environ 14,3 millions de Kényans doivent élire leur président, députés, sénateurs, gouverneurs (exécutif départemental), membres de l’Assemblée départementale et un quota de femmes à l’Assemblée nationale. Au total ils doivent déposer six bulletins dans six urnes.

M. Odinga, 68 ans, a voté à Kibera, tentaculaire bidonville de Nairobi qui fut l’un des principaux foyers des violences après la précédente présidentielle, fin 2007.

M. Kenyatta, 51 ans, fils du premier président du pays, a voté dans sa circonscription de Gatundu-sud, à une cinquantaine de km au nord de la capitale.

Les deux candidats se sont dits confiants de l’emporter au premier tour et ont assuré qu’ils accepteraient leur éventuelle défaite.

En décembre 2007, l’annonce de la défaite de M. Odinga face au président sortant Mwai Kibaki – qui à 81 ans, ne se représente pas cette année -, avait déclenché une violente contestation qui s’était muée en affrontements politico-ethniques sans précédent. Plus d’un millier de personnes avaient été tuées et plus de 600.000 déplacées.

M. Kenyatta, qui soutenait à l’époque M. Kibaki, est inculpé par la Cour pénale internationale pour son rôle présumé dans l’organisation de ces violences.

© 2013 AFP


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