Le parti de Gbagbo appelle Ouattara à convoquer les « états généraux de la République »

Le parti de Gbagbo appelle Ouattara à convoquer les « états généraux de la République »

Le président du Front populaire ivoirien (Fpi, parti de Laurent Gbagbo), Pascal Affi N’guessan a appelé samedi soir, le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara à convoquer des « états généraux de la République qui seront l’instrument opérationnel de la réconciliation ».

« J’appelle le Chef de l’Etat, le Président Alassane Ouattara, une fois qu’il aura libéré tous les prisonniers politiques civils et militaires et ouvert les frontières aux exilés, à convoquer les états généraux de la République qui seront l’instrument opérationnel de la réconciliation », a déclaré Pascal Affi N’guessan, lors de la cérémonie de passation des charges avec le Président intérimaire du parti, Sylvain Miaka Ouréto.

Pour Affi N’guessan, il s’agit d’établir un « nouveau contrat social, un consensus sur tout ce qui divise aujourd’hui » la classe politique ivoirienne. « Celui qui est incapable de réconcilier n’a pas sa place à la tête du pays », a-t-il fustigé.

M. Affi a estimé que « la réconciliation nationale est un chemin de la vérité, donc de débats publics. Cela suppose donc c’est un lieu ou les questions de fond sont posées notamment « qui a fait quoi ? Et pourquoi ? Pourquoi vivre ensemble ? Et comment ? ».

« Cela pour que les responsabilités soient situées afin que plus jamais, pareil drame ne se reproduise dans notre pays », a-t-il expliqué.

C’est pourquoi, le Chef du principal parti de l’opposition ivoirienne a, dans son « adresse à la Côte d’Ivoire, à l’Afrique et au monde », indiqué ne pas « cautionner les cadres actuels de dialogue ou de réconciliation que le pouvoir a mis en place pour nous distraire ».

Se prononçant sur l’aspect social de la vie en Côte d’Ivoire, Affi N’guessan a conclu que « les ivoiriens désespèrent de la dégradation de leur condition de vie », ajoutant qu’une réelle « reforme du secteur de la sécurité s’impose ».

Pascal Affi N’guessan qui a bénéficié le 5 août dernier de la liberté provisoire après avoir passé plus de deux ans en prison dans le Nord du pays, a repris officiellement ses fonctions de président du Fpi, dont l’intérim a été assuré pendant 26 mois par Sylvain Miaka Ouréto.

Les instances essentielles du parti de Laurent Gbagbo ont été renouvelées avec désormais 10 vice-présidents contre trois antérieurement.

Ainsi, Simone Ehivet Gbagbo, l’ex-Première dame encore détenue à Odienné dans le Nord-Ouest du pays est maintenue à son poste de 2ème Vice-présidente du Fpi. Quand à Miaka Ouréto, il est désigné 3ème Vice-président. La première Vice-présidence est assurée par Abdramane Sangaré, l’ex-pensionnaire de la prison de Katiola (Nord).

Laurent Akoun est maintenu Secrétaire général du Fpi. Il a reçu la semaine dernière, les charges des mains de Dr Richard Kodjo qui assurait son intérim, alors qu’il était en prison.

La libération le 6 août dernier de 14 personnalités pro-Gbagbo dont le Président du FPI, Pascal Affi N’guessan et Michel Gbagbo (fils de Laurent Gbagbo) qualifié d’acte fort, ‘’réinstalle la confiance » en une reprise du dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition.

Vendredi, Pascal Affi N’guessan a été reçu par le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan. Peu après cette audience, le Chef du gouvernement a renoué le dialogue avec les petits partis politiques, membres du Cadre permanent de dialogue (Cpd) et également favorables à l’ancien Président Laurent Gbagbo.

Après la chute de M. Gbagbo en avril 2011 à l’issue d’une sanglante et meurtrière crise post électorale, certains responsables ou cadres de son parti, ont trouvé refuge dans des pays voisins notamment au Ghana, au Libéria et au Togo, alors que d’autres ont été détenus ou sont encore en détention sur place en Côte d’Ivoire.

Les partisans de M. Gbagbo n’ont cessé d’accuser le pouvoir du Président Alassane Ouattara de pratiquer une ‘’justice des vainqueurs ».

Laurent Gbagbo est détenu depuis fin novembre 2011 à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l’humanité durant la crise post-électorale. Il est en attente d’un éventuel procès.

Avec l’APA


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