Le patronat français veut des garanties pour investir au Zimbabwe

Le patronat français veut des garanties pour investir au Zimbabwe
Le président zimbabwéen Robert Mugabe

Le président zimbabwéen Robert Mugabe

Une délégation du patronat français en visite au Zimbabwe a exhorté jeudi les autorités locales à créer des conditions favorables aux investissements, convaincue du potentiel du pays dont l’économie peine à se relever après la crise des années 2000.

« Nous voulons investir au Zimbabwe, mais nous voulons nous assurer que nous pouvons entreprendre des choses ensemble sur le long terme », a indiqué à l’AFP Gérard Wolf, vice-président du comité Afrique du Medef International.

« Les entreprises françaises sont convaincues du potentiel économique du Zimbabwe et des opportunités d’investissement », a-t-il ajouté. « Elles ont l’expertise technologique et la capacité de diriger, intégrer et participer avec des partenaires locaux et internationaux aux nombreux projets envisagés dans le pays dans un proche avenir ».

M. Wolf mène une délégation de 12 dirigeants d’entreprises de l’énergie, la finance, les technologies de la communication et de l’agro-alimentaire — dont Alstom, Bureau Veritas, Eutelsat, Freyssinet International, Oberthur Technologies, Vinci Construction– qui doit rencontrer ministres et hommes d’affaires zimbabwéens pendant trois jours à Harare.

Le Zimbabwe, dont l’économie peine à se relever depuis la grave crise des années 2000 qui avait vu l’inflation atteindre 231 millions pour cent avant qu’on arrête de compter, espère faire revenir les investisseurs étrangers.

Mais le président Robert Mugabe –qui, à bientôt 91 ans, est au pouvoir depuis l’indépendance en 1980–, a plutôt tendance à les faire fuir, son discours économique étant parfois imprévisible et systématiquement anti-occidental. Une très controversée loi dite d' »indigénisation » oblige notamment les entreprises étrangères à céder une participation majoritaire dans leurs filiales zimbabwéennes à des partenaires locaux.

Les échanges entre les deux pays sont très limités, les exportations françaises vers le Zimbabwe ayant plafonné à 20 millions d’euros en 2013 quand les importations atteignaient 18 millions. Quant aux investissements, très faibles, ils repartent timidement, notamment dans l’agriculture et avec la rénovation des stations-service Total.

« L’économie du Zimbabwe, qui présente un des potentiels les plus importants en Afrique australe, demeure fragile mais les fondamentaux sont en place pour un redémarrage rapide », note néanmoins le Medef International, citant « une population éduquée et formée, une classe entrepreneuriale dynamique et organisée, un appareil industriel existant bien que vieillissant ».

« La remise à niveau des infrastructures et du secteur énergétique devraient également générer de nombreuses opportunités », ajoute-t-il, relevant que l’Union européenne a maintenant levé la plupart des sanctions imposées contre le régime de M. Mugabe en 2002.

« La délégation est venue parce qu’elle a foi dans le Zimbabwe », a souligné l’ambassadeur de France Laurent Delahousse en accueillant les patrons français.

AFP

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