Le spectre du crash chinois plane sur l’économie sud-africaine

Bourse africaine. Image d'archives.

Bourse africaine. Image d’archives.

Affecté par le ralentissement de la deuxième économie mondiale, l’Afrique du Sud a enregistré, au deuxième trimestre 2015, un recul de 1,3% de son PIB par rapport au premier trimestre.

Quand la Chine éternue, l’Afrique s’enrhume. La crise qui secoue l’empire du milieu trouve échos dans la plupart des économies africaines et particulièrement en Afrique du Sud. Selon les analystes de Nedbank, « les perspectives économiques de l’Afrique du Sud restent relativement faibles », et on devrait s’attendre à une croissance « probablement inférieure à 2 % en 2015 et encore plus faible en 2016 ». Cette déclaration vient nuancer celle du gouverneur de la Banque centrale sud-africaine, Lesedja Kganyago, qui avait revu les prévisions de croissance certes à la baisse mais à 2% en 2015 et 2,1% en 2016. L’économie sud-africaine, victime collatérale de la crise chinoise, subit de plein fouet le ralentissement économique de son premier partenaire commercial. La semaine dernière, le rand, ayant de fortes relations commerciales avec la Chine, a perdu de la valeur et n’a cessé d’accumuler les pertes face au dollar américain ces derniers mois. La devise sud-africaine a atteint son plus bas niveau et s’échangeait à 14 rands pour un dollar. Cette dépréciation pourrait accentuer l’inflation qui atteignait 5% au mois de juillet et, avec une croissance faible, le chômage de masse n’est pas prêt d’être résorbé.

Le commerce extérieur sud-africain fortement dépendant de la Chine

Selon Fathum consulting, l’Afrique du Sud, après la Zambie, est le pays africain le plus vulnérable au ralentissement chinois. L’essentiel des exportations sud-africaines repose sur les matières premières et le principal client reste la Chine, loin devant les Etats-Unis et le Japon. D’après un rapport publié par les services économiques de l’Ambassade de France à Pretoria, en 2014 la Chine représentait 12,6 % du total des échanges commerciaux de l’Afrique du Sud, soit 94,2 Mds de rands. Les minerais, les produits métallurgiques et les métaux précieux, représentaient 86,7% des exportations vers la Chine cette année là.

En termes d’investissements, on compte 11 compagnies sud-africaines qui ont investi en Chine, pour un montant total de 51,8 milliards de rands (environ 4,7 milliards USD), entre janvier 2003 et septembre 2014 et 39 entreprises chinoises ont investi en Afrique du Sud, pour un montant total de 14,7 milliards de rands (environ 1,3 milliards USD) sur la même période. Les investissements chinois portent principalement sur les secteurs de l’automobile, des métaux, et de la construction. Vu l’étroite relation commerciale entre les deux pays, une crise durable en Chine entrainerait une baisse plus importante de la demande qui, conjuguée à la chute des cours des matières premières, jette déjà un sérieux coup de froid sur l’économie de l’Afrique du Sud.

Quant à l’industrie minière, elle souffre elle aussi de la baisse de la demande chinoise. En mai dernier, les exportations de fer en direction de la Chine ont chuté de 36,9% sur une année. Au début du mois d’août, la Chine annonçait la réduction de sa production industrielle ; ce qui suppose une baisse de la demande en charbon, un des produits phares des exportations sud-africaines.

La dévaluation surprise du Yuan chinois n’a pas arrangé les choses. La conséquence directe de cette dépréciation : les exportations chinoises sont moins chères et celles de l’Afrique vers la Chine rapportent, par conséquent, moins de profits.

Affaibli par ses débâcles boursières, l’empire du milieu devra revoir sa stratégie de pénétration du marché africain pour ne pas perdre du terrain face aux occidentaux. La « Chinafrique » tant critiquée écrit-elle les dernières pages de son histoire ? 

Marie-Hélène Sylva
© OEIL D’AFRIQUE

Marie Hélène Sylva

Marie Hélène Sylva

Journaliste à oeil d'Afrique, basée à Paris (France)


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