Entretien: Le taux de croissance actuel de la Côte d’Ivoire estimé à « 9% », selon Makhtar Diop

[GARD align= »center »]

Makhtar Diop Banque Mondiale

Le Sénégalais Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique.

La croissance économique ivoirienne est actuellement estimée à « 9% », a indiqué le vice-président de la Banque mondiale (BM) pour la région Afrique, Makhtar Diop, en marge des travaux du Groupe consultatif pour le financement du Programme national de développement (PND, 2016-2020) de la Côte d’Ivoire, dans la représentation de l’institution financière à Paris.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer l’importance de la présence des Africains et des investisseurs étrangers à ce groupe consultatif ?

C’est un rendez-vous qui se tient en général tous les trois ans sur la Côte d’Ivoire, c’est une opportunité pour les partenaires au développement et du secteur privé d’entendre d’abord la vision d’un gouvernement, la vision d’un Etat pour son développement à long terme et à court terme, de voir comment les informations financières peuvent continuer à soutenir ces orientations qui sont définies.

Ce qui est très bien, le PND vise la reconstruction de la Côte d’Ivoire après le conflit qu’elle a connue, celui-ci est un Programme national de développement (PND), qui a une transition vers l’émergence, nous croyons que la Côte d’Ivoire est l’un des pays africains capable de passer au stade de l’émergence en essayant de compétir avec les pays à revenus intermédiaires asiatiques en particulier.

Vous, en tant que vice-président de la Banque mondiale, est-ce que l’impact de la BM dépasse les frontières de la Côte d’Ivoire ?

Je l’espère bien, l’impact de la BM dépasse les frontières de la Côte d’Ivoire. Nous travaillons sur un ensemble de pays d’Afrique, nous avons des programmes qui sont importants dans les pays de l’Afrique de l’Est, Afrique de l’Ouest, et également nous travaillons beaucoup sur l’agrégation sous régionale, ceci est un élément essentiel parce qu’il permettra justement d’augmenter le trafic et le commerce interafricain.

Cela montre qu’il y a beaucoup de chaînes de valeurs en Afrique. On parle beaucoup d’augmenter la chaîne de valeurs en Afrique, la chaîne de valeurs exige bien sûr qu’il y ait un mouvement de marchandises qui soit libre entre les pays. Je prends le cas de l’Asie, quand on assemble un téléphone portable dans un pays de différentes pièces dans différentes parties de l’Asie, c’est ce niveau de spécialisation qui permet à des pays d’être compétitifs.

Il faut qu’on puisse arriver à des degrés de spécialisation avec un libre mouvement de marchandises et des hommes qui permettent d’avoir des produits qui puissent être exportés d’Afrique et qui soient compétitifs. Donc, c’est la Côte d’Ivoire au sein de l’Uemoa, au sein de la Cedeao, au sein de l’Afrique.

La Côte d’Ivoire qui visait un taux de croissance à deux chiffres en 2015, a été en deçà des résultats obtenus,  quelle analyse faites-vous de cette perspective ?

9% de croissance, je pense qu’il ne faudrait pas se plaindre. Des pays dans le reste du monde ont des taux de croissance beaucoup plus bas, autour de 2%. Si cela peut être maintenu sur une longue période avec une réduction du taux de croissance démographique, on peut avoir un taux de croissance par habitant qui soit beaucoup plus important. Comment cela va être obtenu ? On augmentera le niveau d’investissement public, mais également en augmentant le niveau de la productivité de l’économie.

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, mais sa productivité est la moitié d’autres pays concurrents. Ne serait-ce qu’en doublant la productivité et le rendement à l’hectare dans la production de cacao, on peut doubler la production du pays. Un autre cas, c’est la transformation des produits. La Côte d’Ivoire a réussi à devenir le premier exportateur mondial de noix de cajou, aujourd’hui, elle a une ambition de transformer cette noix de cajou en produits finis, de même le cacao et du chocolat.

L’ambition, c’est de transformer 50% de la production de cacao en chocolat dans les prochaines années à venir.  Donc, ce sont ces éléments qui nous rendent confiants que la Côte d’Ivoire va avoir un taux de croissance autour de 10% dans les années à venir.

Au premier rang des priorités du pays, il y a évidemment les conditions de vie des Ivoiriens, quel est l’impact du progrès de l’environnement macro-économique en Côte d’Ivoire ?

L’amélioration des conditions de vie, c’est l’amélioration des revenus et le cas de la noix de cajou est très intéressant, la partie nord du pays a des revenus par tête d’habitant les plus bas. Avec l’introduction de la noix de cajou, les revenus des paysans ont augmenté de manière significative. On a de plus en plus de maisons en dur là où il y avait avant des cases, des maisons en banco. Cela est une indication que les conditions de vie des populations s’améliorent.

Mais, cela va s’accélérer avec les projets tels que le projet du gouvernement qui est d’étendre  l’accès à l’Internet, ça permet à plus d’hommes d’affaires de s’installer dans les zones qui n’étaient pas accessibles. Donc, ces projets structurant permettront de diversifier la croissance géographiquement parce que l’une des leçons que nos retenons, la croissance, elle est importante, mais elle doit être bien distribuée à travers toutes les couches de la population mais également distribuée géographiquement.

Il y a certains pays qui ont fait cette division en termes de croissance et cela a créé l’inclusion sociale et la stabilité politique. La volonté du gouvernement de la Côte d’Ivoire, c’est de développer ses régions qui sont un peu moins développées aujourd’hui, mais également un élément important pour nous et qui nous rendent confiants, c’est que les indicateurs sociaux vont suivre.  

Propos recueillis par Roger Musandji
© OEIL D’AFRIQUE

[GARD align= »center »]

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


Tags assigned to this article:
banque mondialecote d'ivoirefinance

[fbcomments]

Related Articles

Le Soudan accuse le Soudan du Sud d’étendre son agression

KHARTOUM – Le Soudan a accusé mardi le Soudan du Sud d’avoir intensifié son agression en occupant de nouvelles zones

Soudan du Sud : L’Ouganda reconnaît son implication militaire dans le conflit entre l’armée et les rebelles

 [wp_ad_camp_3] Depuis le mois de décembre 2013, la République du Soudan du Sud connaît une situation difficile avec les affrontements

Gambie: tentative manquée de coup d’Etat en l’absence du président Jammeh

[GARD align= »center »] Des soldats gambiens ont attaqué tôt mardi matin le palais présidentiel à Banjul et ont été repoussés, en

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*