Le Taxi-moto, l’une des solutions alternatives au problème de chômage des jeunes béninois

Le Taxi-moto, l’une des solutions alternatives au problème de chômage des jeunes béninois

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Depuis le gel des recrutements systématiques des jeunes béninois, à la fin de leur formation, dans l’administration et les entreprises publiques, en raison des mauvaises conditions macroéconomiques et de la mauvaise gestion des ressources publiques à la fin des années 1980, les taxi-motos, communément appelés « Zémidjan », (Emmène-moi vite) en langue Fon du sud du Bénin, est devenu l’une des solutions alternatives au problème de chômage des jeunes béninois.

LA RUEE DES JEUNES DIPLOMES BENINOIS VERS LE ZEMIDJAN

« Je me suis retrouvé en chômage après mes études universitaires, sanctionnées par une maîtrise en Science économique. Il n’y avait plus d’embauche à la fonction publique béninoise. Alors pour joindre les deux bouts, une seule alternative : le Zémidjan », a confié à l’Agence Xinhua, Paul Akakpo, un conducteur de Taxi-moto dans la ville de Cotonou.

Ainsi, comme ce titulaire d’une maîtrise en Science économique, plus de 1 500 000 jeunes béninois, dont environ 200 000 pour la seule ville de Cotonou, décidés à prendre leur destin en mains, sont mués en conducteur de taxi-moto et sont déversés tous les jours dans les rues et ruelles des différentes villes principales et secondaires du pays à l’assaut des clients.

Pour aller au travail, au marché, à l’école, les Béninois utilisent ces moyens de transport les plus rapides et les moins coûteux. Tous les gens qui sont pressés de partir sur leurs lieux de travail, aux marchés, aux rendez-vous importants, empruntent ce moyen de transport

Pour le sociologue, Roger Dèdonougbo, la création de ce mode de transport dans les grandes villes du Bénin avant sa généralisation dans tout le pays, répond aux besoins des populations les plus démunies, notamment les jeunes diplômés sans emplois, suite au gel des recrutements dans la fonction publique des cadres sortis des universités et centres de formations, tant du Bénin que de l’étrangers

« La conjoncture économique du Bénin dans les années 1980 n’était guère reluisante. Le gouvernement du président Mathieu Kérékou, sous le programme d’ajustement structurel, de la Banque mondiale et du Fond monétaire international (FMI), avait suspendu les recrutements dans la fonction publique. Les étudiants sortis de l’université se retrouvaient sur le carreau vu que l’Etat était le principal pourvoyeur d’emplois », a-t-il révélé.

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Ainsi, depuis lors, des milliers de jeunes béninois et mêmes de certains fonctionnaires trouvaient leur salut dans le Zémidjan.

« De nos jours, il existe plus ou moins deux cent milles taxis- motos dans la seule ville de Cotonou et le tarif pour les déplacements interurbains est abordable pour l’ensemble de la couche de la population urbaine : le tarif interurbain est de 150 francs CFA par personne et le chiffre d’affaire journalier peut varier entre 2500 FCFA et 3000 FCFA, ce qui est nettement supérieur au salaire moyen journalier d’un cadre de la fonction publique ou du secteur privé », a-t-il expliqué.

Pour Nicolas Assogba, conducteur de taxi-moto à Cotonou, les chauffeurs propriétaires des taxis-motos gagnent mensuellement 90. 000 FCFA et les taxis en location perçoivent la moitié de ce revenu soit 45.000 FCFA parce que le tarif mensuel de location d’un taxi-moto, est de 45.000 FCFA.

« Le revenu de ces taxis-motos est largement supérieur au salaire mensuel d’un cadre d’une société privé qui gagne en moyenne 80.000 FCFA par mois. Ces revenus issus de ce mode de transport permettent de nourrir, de soigner sa famille et de supporter les frais scolaires des enfants », a-t-il témoigné.

Cependant, la présence de ces taxis-motos dans la ville de Cotonou, sous de pollution atmosphérique, est responsable des infections respiratoires aiguës dans les grandes villes béninoises.

LES TAXIS-MOTOS , SOURCES DE POLLUTION ATMOSPHERIQUE

Selon une étude réalisée par la Banque mondiale sur la qualité de l’air dans les villes de l’Afrique subsaharienne, un nombre non négligeable de deux-roues circulent à Cotonou.

« Sur la base de ces trafics, on obtient dans la ville de Cotonou une émission journalière d’environ 83 tonnes du gaz carbonique dont 59 % générées par les deux roues et 36 tonnes d’hydrocarbures volatils pour lesquelles les deux roues sont presque entièrement responsables », fait observer l’étude, avertissant la gravité de cette pollution atmosphérique dans les années futures.

« L’estimation de l’évolution prévisible de la pollution dans les années futures montre que, sans modification des habitudes et du parc, les émissions augmenteraient de façon très importante indépendamment du polluant considéré », prévient la même étude de la Banque Mondiale.

Selon le premier adjoint au Maire de Cotonou, M. Léhady Soglo, pour trouver une approche de solution au problème de la pollution atmosphérique dans la capitale économique béninoise, et aussi pour la reconversion socioprofessionnelle à terme d’un certain nombre de conducteurs de taxis-motos , la Mairie de Cotonou avec l’aide d’une société brésilienne, a conçu un projet de transport urbain collectif par bus.

« Ce projet de transport urbain collectif par bus favorisera non seulement l’assainissement de l’environnement et la diminution de la pollution atmosphérique dans la capitale économique béninoise, mais aussi la reconversion socioprofessionnelle à terme, d’un certain nombre de conducteurs de taxis-motos, notamment les électriciens, les mécaniciens, les soudeurs, les tickettiers, les agents d’entretien, les cadres à divers niveau dans cette société de transport », a-t-il expliqué.

(Xinhua)

 

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