Législatives au Mali : Kidal, une ville incertaine

Législatives au Mali : Kidal, une ville incertaine

Les maliens voteront ce dimanche 24 novembre 2013, pour élire les députés dans le cadre des législatives. Cependant, le nord reste une zone sensible que certains observateurs expriment leur pessimisme quand on parle d’élection pour cette partie du pays.

En effet, depuis quelques mois notamment en début du mois de novembre, les attaques se multiplient dans cette zone du pays. Ainsi, la question cruciale qui se pose à quelques jours des législatifs est, « y aura-t-il des élections dans le nord du pays ? ». Dans cette perspective d’incertitude d’une élection apaisé dans les régions du nord, « il y a ceux qui veulent que l’élection se tienne à Kidal pour prouver que cette région, c’est au Mali ». En outre, « il y a ceux qui veulent empêcher qu’elle ait lieu, justement pour montrer que Kidal, ce n’est pas le Mali ».

Selon le président de la commission électorale nationale indépendant (Ceni), Mamadou Diamoutané, « lors de la présidentielle seule 11% des personnes inscrites sur les listes électorales dans la région de Kidal, s’étaient rendus aux urnes ». Pourtant, la région où la tension est vive entre l’armée malienne et les différents groupes touerags n’aura que quatre (4) députés dans la nouvelle assemblée nationale, depuis le 17 novembre dernier, les listes électorales sont affichées sur l’ensemble du territoire national par la commission.

Pour l’instant, la commission attend l’appui des forces de la Mission des nations Unies au Mali (Minusma) pour procéder à l’acheminement du matériel électoral dans le temps (avant dimanche). En outre, certains estiment qu’il sera impossible de tenir les législatives dans la ville de Kidal au moment où le gouverne de région, le colonel Adama Kamissoko occupe toujours comme bureau, les locaux de la mairie. Ce qui pose la sensible question sécuritaire pour des élections apaisées, libres et transparentes dans cette partie du pays. « En théorie, notre représentant s’occupe de la supervision du scrutin, mais dans la pratique, c’est quasi impossible », explique le président de la commission électorale nationale indépendante à Bamako.

Une femme touareg brandit le drapeau du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) le 28 juillet 2013 à Kidal (AFP:Archives, Kenzo Tribouillard)

Une femme touareg brandit le drapeau du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) le 28 juillet 2013 à Kidal (AFP:Archives, Kenzo Tribouillard)

Malgré ces incertitudes, il est important de souligner que quatre forces armées se trouvent dans les régions nord du pays. Il s’agit entre autres de la force serval, l’armée régulière malienne, mais aussi les forces du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (le Mnla). Par ailleurs, certains partis politiques maliens ont renoncé à se présenter dans les villes du nord notamment dans la région de Kidal.

C’est le cas pour le parti l’Adema. Car pour l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema) par la voix de Tiémoko Sangaré, le président par intérim du part « il nous paraissait plus important de nous concentrer sur d’autres circonscriptions où les choses sont plus claires ». Mais, du côté du parti Rassemblement pour le Mali (au pouvoir), c’est le Mohamed Ag Intallah, un fondateur du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et Ahmada Ag Bibi, ancien bras droit d’Iyad Ag Ghali, le dirigeant du mouvement jihadiste malien Ansar Eddine qui vont porter ses couleurs.

Pour rappel, ces derniers ont bénéficié de la levée des sanctions et du mandat d’arrêt international qui avait été lancé contre eux par le gouvernement de la transition après le coup d’Etat du 22 mars 2012. Contrairement à Kidal, la ville de Gao et de Tombouctou auront entre 7 à 8 députés dans la prochaine assemblée nationale du Mali.

Adama COULIBALY
Dakar – Oeildafrique.com


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