Les Congolais exhortés à se réapproprier leurs valeurs anciennes

Les Congolais exhortés à se réapproprier leurs valeurs anciennes

Longtemps considérés comme mode efficient d’organisation et de gestion de la cité, les systèmes de fonctionnement des royaumes, chefferies et autres seigneuries au Congo ont finalement cédé à l’occupant colonial leur hégémonie au profit des pouvoirs auxiliaires.

La question a fait l’objet d’une table ronde, le 28 mai à Brazzaville, sur le thème « Les royaumes Loango, Téké et chefferies traditionnelles : histoires et perspectives ». Plusieurs communications présentées à l’occasion par des universitaires ont souligné le tort causé à la communauté congolaise.

Le Pr Dominique Ngoïe Ngalla a axé son propos sur « Le royaume Loango : symbole et héritage ». L’historien Yvon Norbert Gambeg s’est appesanti sur L’État et la société, tandis que le sociologue Jean-Pierre Missié a passé en revue les royaumes du Bassin du Congo avant de passer le témoin au Pr Abrham Constant Ndinga Mbo qui a épilogué sur le thème « La République face aux royaumes et les seigneuries du Congo.»

Il est du triste constat que les pouvoirs modernes ont toujours accentué la situation en jouant avec ces réalités. Reconnaissant l’intérêt de ces pouvoirs ancestraux, l’historien Jérôme Ollandet a dit :« Ces pouvoirs sont l’essence de notre essence. Mais on ignore quelle est leur place dans la République ».

Pour lui, il s’agit d’« une opinion selon laquelle, les premiers africanistes ont tenté d’accréditer dans les milieux scientifiques de l’occident pour obéir à une certaine idéologie anarchique. Comme quoi, les sociétés africaines auraient été sans État pour justifier plus tard l’occupation des terres sous prétexte que ces espaces n’étaient pas organisés et donc ouverts à tout le monde. C’est ce qui a favorisé l’exploitation coloniale.»

C’est ainsi que ces États africains, le cas du Congo, au contact avec les arrivants occidentaux, n’ont pas été épargnés des chocs violons qui se sont suivis. Aucune résistance n’a pu être imposée à l’étranger. La colonisation au 19e siècle, consciente de ce que ces royaumes et chefferies étaient incontournables, a usé d’une stratégie pour mieux s’affirmer. Ces pouvoirs africains ont été admis avant de les satelliser. En acceptant d’être les auxiliaires pour faire entrer l’impôt de l’occupant, les chefs traditionnels ont aliéné la légitimité de leur propre pouvoir.

Quelle place occupent aujourd’hui ces pouvoirs à l’instar des royaumes Loango et Téké au Congo ? « En tant qu’une communauté appelée nation qui a un passé, une histoire, nous avons envers elle un devoir de mémoire qui aide à coudre notre présent à notre passé et à notre futur. Les royaumes Téké et Loango constituent le soubassement sur lequel est posé notre communauté nationale » a déclaré le Mamboma, Premier ministre du royaume Loango, Justin Koumba, présidant les travaux.

« Le gros des communautés culturelles qui forment aujourd’hui la nation congolaise vient de ces deux royaumes (…). Aujourd’hui, il s’agit pour nous de travailler à l’aboutissement à une cohabitation harmonieuse de ces institutions (…) La paix, la concorde et le développement d’une nation dépendent de ce continuum historique », a poursuivi Justin Koumba.

 

J.D.É.

 

 


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