Les dirigeants africains ne font pas ce qu’ils veulent, mais ce qu’ils doivent pour se maintenir au pouvoir

by OEIL D'AFRIQUE | 24 septembre 2013 17 05 33 09339

En matière de sciences politiques, il n’y a très peu de place pour les émotions, pour les élans sentimentalistes. Celles et ceux de notre génération qui ont de réelles ambitions pour l’Afrique doivent l’intégrer au plus vite. Intégrer cela c’est tourner le dos à cette pratique qui a cours dans les rangs de l’élite panafricaine d’aujourd’hui, à savoir passer son temps à ne lire, n’étudier, ne prendre aux sérieux que les seules figures qui nous plaisent. Et ne jamais s’intéresser à celles et ceux que l’on affuble de tous les noms les plus péjoratifs, les plus dégradants comme nos dirigeants passés et actuels.

Il est donc de coutume dans cette intelligentsia panafricaine de qualifier de « cons », d’ « idiots »; d’ « ignares », d’ « illétrés », etc., les Sassou, Bongo, Biya, Ouattara, Déby, Eyadadéma, Kabila, et autres.

Mais agir ainsi c’est là faire le jeu de ces puissants, que nous prenons très au sérieux. Car aucun un « con » ne peut rester 42 ans au pouvoir sans jamais se faire déboulonner. Si c’est possible c’est que ceux qu’ils dirigent sont encore plus « cons » que lui, ce qui à notre sens pas vrai. En revanche, ce que nous croyons c’est que ces dirigeants ont été et sont encore trop sous-estimés. Et il est toujours fatal de mésestimer un redoutable adversaire, un scientifique de la prise et du maintien au pouvoir. 

Car, pour ce qui le concerne, lui nous prendra toujours très sérieux même quand nous plaisantons. Essayez d’insulter un Biya dans son fief, de protester contre un Eyadéma dans ses quartiers ou provoquer un Kabila sur son terrain, de plaisanter sur un Sassou dans la presse. La répression sera immédiate et avec un sang froid boréal; que ce soit avec ou sans effusion de sang. Que les opposants soient de vieux politiciens aguerris ou de jeunes lycéens vierges de tout engagement. Là n’est pas leur problème. Ils font non ce qu’ils veulent, mais ce qu’ils doivent pour se maintenir au pouvoir, et préserver leurs intérêts, qui comme on l’aura constater sont le plus souvent à l’opposé de ceux de leurs peuples.

Alors continuer à qualifier ces redoutables adversaires aguerris dans cette science que nous ne maîtrisons pas encore, à savoir celle de la prise et du maintien au pouvoir, c’est juste montrer notre immaturité politique. Tout adversaire doit pris au sérieux et être étudier avec une attention de tous les instants. Son parcours doit être su au moins autant que celui de notre « héros ». Tous leurs actes, propos, déplacements doivent êtres rigoureusement analysés avec science par nos soins. Car celui qui ne connait pas son ennemi est à la merci de ce dernier. Parce que soyez-en sûr, lui ne vous fera pas de cadeau car il mettra tout en oeuvre pour vous connaitre sur le bouts des doigts afin d’anticiper toutes vos tentatives de déstabilisation.

Aussi pour débuter cette série d’études sur ces hommes et femmes politiques au pouvoir sur notre continent, nous proposons cette citation de celui que nous nommons le « parrain de la françafrique », feu le président Omar Bongo Ondimba, foudre de guerre politique qui régna 42 ans sur l’émirat pétrolier d’Afrique centrale qu’est le Gabon. Voilà ce qu’il disait en 2001 dans un livre d’entretien titré « Blanc comme nègre »:

« Pour venir en aide aux plus démunis, il fallait d ‘abord échapper à leur sort. Il n’y a qu’une issue: le travail et le militantisme. » Omar Bongo, Blanc comme nègre, p. 36, Grasset & Fasquelle, 2001, 310 pages.

Rédaction : Ecole Magistrale Shabazziya[1] 

 

Blanc Negre Bongo[2]Bongo livre[3]

Endnotes:
  1. Ecole Magistrale Shabazziya: https://www.facebook.com/faritaheruka
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  3. [Image]: http://oeildafrique.com/les-dirigeants-africains-font-pas-ce-quils-veulent-ce-quils-doivent-se-maintenir-au-pouvoir/bongo-livre/

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