Les économies émergentes décidées à renforcer leur poids face aux pays développés

Les économies émergentes décidées à renforcer leur poids face aux pays développés

Le quatrième sommet des BRICS tenu à New-Delhi s’est achevé le 29 mars avec la ferme détermination affichée par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud de continuer à peser davantage dans le rapport de force avec les nantis. Les assises ont noté avec inquiétude une lenteur inexplicable dans la mise en œuvre des réformes courageuses du Fonds monétaire international (FMI). De même, les BRICS en ont appelé à une sélection ouverte, fondée sur le mérite dans le remplacement en juin prochain de l’Américain Robert Zoellick à la tête de la Banque mondiale (BM). Ces institutions sont traditionnellement gérées par les Américains et les Européens. Pour les cinq pays, il est désormais nécessaire d’ouvrir ces deux institutions sur le sud qui ne manque pas non plus de compétences.

L’une des critiques des BRICS a tourné aussi sur les plans de sauvetage des économies occidentales qui entraînent des effets déstabilisateurs à cause de l’injection des « excès de liquidité » par les banques centrales. Au sud, cette situation contribue à alimenter la volatilité des flux des capitaux et des prix des matières premières.

En guise de retombées encourageantes du sommet, il convient de citer la création prochaine d’une nouvelle banque de développement qui pourrait être probablement dénommée « Banque des BRICS » ou « Banque sud-sud ». Celle-ci se voit déjà définir une mission de « mobiliser des ressources pour des projets d’infrastructures et de développement durable à la fois dans les BRICS et dans les autres économies émergentes et pays en développement », peut-on lire dans la Déclaration de Delhi.

Il s’agit d’un projet encore à ses débuts mais les cinq gouvernements membres des BRICS ont exigé à leurs ministres des Finances d’approfondir la question pour en examiner la faisabilité et la viabilité.  Les participants aux travaux ont pris l’option de constituer un groupe de travail. Cette détermination vise ainsi à établir progressivement un nouveau rapport de force qui traduit forcément la géo-économie en mutation depuis une dizaine d’années avec la montée des nouvelles économies mais malheureusement les pays du nord continuent à détenir de fait les monopoles de la gouvernance mondiale.

Les BRICS représentent 45% de la population et un quart du produit intérieur brut dans les équilibres mondiaux. Désormais, un accord a été conclu entre les banques centrales des cinq pays pour faciliter le recours à leur monnaie nationale afin de financer le commerce  intra-BRICS qui connaît un rythme de croissance de 28%. Cela vise à terme à alléger leur dépendance à l’égard du dollar américain.
Les Dépêches de Brazzaville

 

Bona

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