Les Etats-Unis d’Afrique demeurent un rêve

Les Etats-Unis d’Afrique demeurent un rêve

Faire passer les Etats africains d’une union régionale à une union continentale demeure un rêve, tant que le traité de l’Union africaine (UA) ne prévoit pas le mode de désignation de la présidence des Etats-Unis d’Afrique, a estimé un expert en sciences politiques de l’université de Namibie, Phanuel Kaapama, dans une interview accordée jeudi à Xinhua.

Les Etats-Unis d’Afrique correspondent à l’idée d’une fédération réunissant plus de 50 Etats souverains africains, une proposition faite par l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

« Pour qu’elle se concrétise, il faudra conclure un traité et modifier la Constitution. Et il faudra préciser que faire de celle existant actuellement », a affirmé M. Kaapama.

Selon l’universitaire, même si l’idée d’établir les Etats-Unis d’Afrique a été là depuis le début, elle ne pourra en réalité aller au-delà de l’Union africaine.

Pour l’heure, l’expert en sciences politiques a estimé qu’aux yeux des dirigeants africains actuels, l’unification a une portée plus symbolique que concrète.

« C’est pour cette raison, que, lorsque l’idée des Etats-Unis d’Afrique a été soumise par Kadhafi, les autres dirigeants africains ont salué cette proposition, même si la majorité d’entre eux n’ étaient pas prêts alors à échanger leurs hautes fonctions et l’ autonomie souveraine de leurs pays contre l’unification du continent africain », a-t-il affirmé.

M. Kaapama a également souligné qu’avant d’envisager une unité continentale plus large pour l’Afrique et sa population, « nous devrions être en mesure de nous apercevoir que, même au sein de ces petites entités que sont les Etats pris isolément, nous éprouvons des difficultés à maintenir l’unité ».

Par conséquent, les Africains doivent en premier lieu résoudre leurs conflits ethniques et internes.

« En évoquant l’Union africaine, nous avons assisté à la partition de différentes zones en Afrique. Nous avons connu un seul Soudan, qui a depuis fait place au Soudan et au Sud-Soudan. Cela ne va pas dans la direction d’une plus grande unité, mais plutôt dans celle d’une plus grande fragmentation. Le conflit entre le Maroc et le Sahara occidental se poursuit », a notamment souligné M. Kaapama.

« Dans la plupart des autres pays d’Afrique il n’y a pas de conflits violents, mais des tensions ethniques sont perceptibles. En Namibie par exemple, il y a des gens qui voulaient démembrer Caprivi. Nous menons également des exercices simples comme des commissions de délimitation, pour tenter d’établir des frontières régionales à l’intérieur de notre propre pays. Au final, selon l’analyse des experts comme selon l’avis que nous transmettent des habitants, cela devient une question tribale ou ethnique », a-t-il dit.

Même s’il y a une longue route à parcourir avant que l’Afrique forme un seul État uni, il peut encore y avoir de l’espoir car l’ organisation de l’Unité africaine a réalisé des progrès considérables depuis sa création, selon M. Kaapama.

L’UA est parvenue à progresser considérablement en apportant une assistance à différents pays anciennement colonisés lors de leur accession à l’indépendance, explique M. Kaapama.

« Si on regarde la toute première conférence de l’OUA ( Organisation de l’unité africaine), elle comptait moins de 20 États. À l’établissement de l’UA en remplacement de l’OUA, on dénombrait plus de 50 États membres », détaille-t-il.

Quoi qu’il en soit, un changement générationnel dans les dirigeants est nécessaire pour unir l’Afrique en une même organisation continentale, et les jeunes générations peuvent jouer un rôle majeur dans ce but.

Toutefois, la jeunesse n’est pas actuellement représentée dans les organes de prise de décision directs de l’UA puisque celle-ci est dirigée par le sommet des chefs d’État et de gouvernement, souligne ce politologue.

« Regardez les participants à ces sommets, et vous n’y verrez pratiquement aucun jeune. Aussi ce n’est pas dans les salles de conseil et de conférence où sont prises les décisions qu’on peut attendre une influence de la jeunesse. Le rôle des jeunes à ce niveau est plutôt informel », a-t-il ajouté.

« Ce rôle peut se déployer à l’extérieur, dans les débats et les discours par le biais des différentes organisations de la jeunesse, et par leurs écrits, en particulier ceux des jeunes des milieux académiques et médiatiques », estime-t-il.


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