Les peintres travaillent dans des conditions pitoyables

Les peintres travaillent dans des conditions pitoyables
Les peintres travaillent dans des conditions pitoyables

Rhode Bath-Schéba Makoumbou peintre et sculpteuse du Congo Brazzaville

La capitale économique du Congo est aussi une agglomération artistique eu égard au grand nombre d’artistes toutes catégories confondues qui y vivent. Hélas, la plupart mènent leurs activités dans des conditions déplorables qui ne favorisent nullement leur émergence.

De nombreux artistes se débrouillent avec des moyens dérisoires. Certains travaillent dans des locaux de fortune érigés à proximité de leur domicile, d’autres sont logés dans des bâtiments cédés par de généreux citoyens et d’autres encore, faute de moyens suffisants, sont obligés de travailler avec leurs apprenants à domicile, sans chevalets, tables et souvent sans matériel. Seuls leur courage et leur volonté arrivent tant soit peu à pallier ces manques.

« J’ai le souci de développer l’art pictural dans la ville mais les moyens financiers faisant défaut, je ne peux aller au bout de mes idées. Les enfants que j’encadre de temps entemps finissent par partir puisque les moyens ne s’y prêtent pas », a dit Samuel Matoko Ya Dess, un artiste peintre évoluant à Pointe-Noire.

Jadis installé avec l’Association des peintres du renouveau au centre de formation et d’information Sueco, où il formait de nombreux jeunes tout en vendant de temps à autre certaines œuvres, Ya Dess a du mal aujourd’hui à vivre de son art, d’autant qu’il a dû libérer le local du village des voiliers où il était installé à la demande de l’administration portuaire dans le cadre de l’exécution du programme d’extension du port autonome de Pointe-Noire. « Aujourd’hui, nous sommes pratiquement à la rue. Certes, on nous a promis un local dans la ville. Reste à savoir s’il sera suffisant. Le village des voiliers, vu son emplacement stratégique, était le localidéal pour notre visibilité », regrette-t-il.

De nombreux artistes ont du mal à tirer profit de leurs œuvres, souvent bradées par des citoyens qui méconnaissent leur travail. « Dans les quelques rares galeries de la place, ce sont les acheteurs qui fixent le prix des œuvres. L’artiste est par fois obligéde céder à leur caprice, surtout que les acheteurs ne se bousculent plus comme auparavant. Le tableau que j’ai fait lors du cinquantenaire de l’indépendance a été acheté à un prix dérisoire qui ne couvre pas sa valeur matérielle. J’avais dumal à résister face à l’offre d’une autorité de la place, alors que ce tableauaéblouitous les visiteurs y compris les membres du gouvernement présents au village des voiliers, en août 2010, lors du lancement du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou à Pointe-Noire », témoigne-t-il.

Aujourd’hui, Samuel Matoko Ya Dess demande la revalorisation du métier d’artiste-peintre par des subventions et d’autres avantages, dont l’équipement en matériels divers.

Hervé-Brice Mampouya

 


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