Quatre jeunes africains rêvent d’être les premiers noirs africains envoyés dans l’espace

 DJ à temps partiel, Mandla Maseko, le Sud-Africain qui avait gagné en 2013 une place dans un des vols spatiaux de Lynx Mark II à l'issue d'un concours alors organisé par l'Académie de l'espace AXE Apollo, devait embarquer cette année. © ALEXANDER JOE / AFP

DJ à temps partiel, Mandla Maseko, le Sud-Africain qui avait gagné en 2013 une place dans un des vols spatiaux de Lynx Mark II à l’issue d’un concours alors organisé par l’Académie de l’espace AXE Apollo, devait embarquer cette année. © ALEXANDER JOE / AFP

Quatre jeunes africains sont en lice pour remporter un voyage dans l’espace grâce à un concours mondial.

En 50 ans, plus de 500 personnes ont eu la chance de contempler la Terre depuis l’espace. Parmi elles toutefois, aucun Africain. Cela pourrait bientôt changer : un Nigérian et trois Sud-Africains, dont une femme, sont dans la course pour entrer dans l’histoire. Trois de ces quatre aspirants astronautes ont été présélectionnés dans le cadre d’un concours mondial pour envoyer dans l’espace « une jeune icône du futur ». Ils sauront en novembre si l’un d’eux pourra franchir la ligne de Kármán, frontière entre l’atmosphère terrestre et le cosmos.

Le gagnant devrait recevoir un entraînement intense avant d’embarquer à bord d’un engin spatial Lynx Mark II du développeur de vaisseau américain XCOR, pour un vol théoriquement prévu en 2016. Freeman Osonuga, médecin au centre hospitalier universitaire de Lagos au Nigeria, sera en compétition avec 30 autres personnes participant au programme Rising Star (Étoile montante) de l’agence de talents Kruger Cowne et de l’organisation caritative One Young World, basées à Londres.

100 000 dollars l’heure de vol

« C’est génial d’être sur le point de marquer l’histoire et d’avoir la possibilité d’inspirer une génération et un continent ! » se réjouit Freeman Osonuga. Originaire de l’État d’Ogun, dans le sud-ouest du Nigeria, et dernier-né d’une famille pauvre de six enfants, ce trentenaire a l’habitude de prendre des risques : il a récemment oeuvré pendant six mois en Sierra Leone au sein d’une équipe de lutte d’urgence contre le virus Ebola. « Sauver la vie d’autrui » vaut que l’on prenne tous les risques, dit ce jeune médecin, qui a toujours rêvé d’être un jour en apesanteur.

L’américain XCOR propose des vols d’une heure pour un prix de 100 000 dollars – soit 87 000 euros – et a déjà vendu des centaines de billets à des particuliers, qui devraient ainsi pouvoir flotter un jour pendant 5 à 6 minutes, libérés de la gravité. Toutefois, la date du premier vol commercial à bord de la navette Lynx Mark II censée décoller du désert de Mojave, en Californie, n’est pas encore connue. Et pour cause : la navette n’est pas encore au point.

Le Nigérian Freeman Osonuga, le 21 août 2015 à Lagos lors des épreuves de sélection pour être envoyé dans l'espace. Photo AFP

Le Nigérian Freeman Osonuga, le 21 août 2015 à Lagos lors des épreuves de sélection pour être envoyé dans l’espace. Photo AFP

La liste de candidats présélectionnés par Rising Star sera réduite à trois finalistes qui devront chacun discourir pendant 15 minutes sur le sujet de leur choix devant un public de 1 300 personnes venant de 196 pays, en novembre à Bangkok. Un panel de juges décidera ensuite lequel mérite de devenir astronaute. Rien que d’y penser, la Sud-Africaine Nono Cele, 28 ans, productrice et directrice de programmes sportifs, en a « la chair de poule » : être la première Africaine noire à aller dans l’espace… « Mon parcours, mon pays, mes difficultés, mes erreurs, tout m’a laissé penser que certaines choses sont impossibles pour quelqu’un comme moi : une femme, noire et sud-africaine ». « Avoir une chance d’accéder à tant de grandeur ne fait que confirmer le fait que ma vie a un sens, qu’elle est précieuse, et, surtout, que je peux faire bouger les choses », estime la jeune femme.

« L’Afronaute »

Le troisième candidat africain noir à ce concours n’a que 25 ans : Tshepo Seloane est conseiller au Fonds Nelson Mandela pour l’enfance et défenseur de la jeunesse, et originaire de la province de Gauteng, dans le nord de l’Afrique du Sud. En 2013 déjà, un autre Sud-Africain avait gagné une place dans un des vols spatiaux de Lynx Mark II, à l’issue d’un concours alors organisé par l’Académie de l’espace AXE Apollo, basée aux États-Unis. DJ à temps partiel, Mandla Maseko devait embarquer cette année. Mais, à l’heure actuelle, il attend toujours. Aucune date précise n’a été rendue publique. XCOR et M. Maseko, qui s’est auto-baptisé « l’Afronaute », n’ont pas donné suite aux demandes d’interview.

Le gagnant de « Rising Star » est supposé décoller en 2016 mais cette date est loin d’être confirmée, car le développement de la navette a pris du retard. D’abord programmée en 2010, la présentation d’un véhicule opérationnel a été repoussée à 2012 puis à 2015. Sur son site internet, XCOR indique que la phase test du premier vaisseau commencera seulement fin 2015 et pourra durer jusqu’à 18 mois. Deux hommes ont montré la voie à ces quatre jeunes Africains qui rêvent de se confronter à l’espace : le Cubain Arnaldo Tamayo, aujourd’hui âgé de 73 ans, fut le premier Noir à quitter l’atmosphère terrestre, envoyé en orbite en 1980 à bord de la navette soviétique Soyuz 38.

Mark Shuttleworth, 41 ans, est lui devenu le premier Africain – un Blanc – à aller dans l’espace en 2002 et le deuxième touriste spatial au monde, moyennant le versement de 20 millions de dollars pour rejoindre la mission russe Soyuz M-34. Freeman Osonuga rêve déjà d’un destin spatial : « Ce serait une opportunité rare d’être un rayon d’espoir pour le continent. La preuve vivante qu’on peut viser la lune. »

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