Liberté de presse : le continent africain a soufflé le chaud et le froid en 2015

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Liberté de presse

En 2016, le continent africain est arrivé deuxième derrière l’Europe en matière de liberté de la presse, selon le classement effectué par Reporters Sans Frontières (RSF). Avec un indice de 36, 9, l’Afrique « passe devant les Amériques (37,1), l’Amérique latine étant plombée par les violences accrues contre les journalistes ». Viennent ensuite l’Asie (43,8), l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale (48,4). Mais la situation n’est pas autant reluisante que ça.

En Afrique, la liberté de l’information revêt plusieurs visages. Sur ce continent coexistent à la fois la presse foisonnante du Sénégal et le silence assourdissant des médias privés en Érythrée. Malgré une vague de libéralisation dans les années 90, on assiste encore trop souvent à des pratiques arbitraires de censure, intensifiées récemment au nom de la « lutte contre le terrorisme”, et des atteintes violentes contre les journalistes, souvent dans la plus grande impunité.

La faiblesse économique des médias les expose également à des influences politiques ou économiques préjudiciables à leur indépendance.

Selon RSF, la liberté de la presse s’est dégradée dans le monde en 2015. La cause aux dérives liberticides des gouvernements, comme en Turquie ou en Egypte, prise de contrôle des médias publics, y compris en Europe, en Pologne par exemple, situations sécuritaires de plus en plus tendues, en Libye et au Burundi, ou carrément catastrophiques, comme au Yémen.

On note selon le classement de RSF que l’Afrique du Nord qui, avec le Moyen-Orient restent les régions du monde où les journalistes sont “les plus soumis à des contraintes de toutes sortes”. Cette région de l’Afrique fait partie des parents pauvres de la liberté de la presse. Satisfecit néanmoins pour la Tunisie, 96e, qui gagne 30 places.

A noter également, le Burundi 156e, qui perd 11 places. La Lybie, 164e, figure au rang des pays où “exercer le journalisme relève de la bravoure”. Mais il n’y a pas que ces pays. Les deux Soudans, la Somalie mais également de la région des Grands lacs n’ont pas mieux lotis. La RD Congo (152e), le Rwanda (161e) et le Burundi (156e), où « la répression contre les médias est quotidienne » sont au pied du peloton. Le Congo Brazzaville, le Tchad, le Cameroun ne sont pas mieux lotis non plus.

En Afrique de l’Ouest par exemple, le Sénégal, le Bénin, le Burkina Faso, la Mauritanie, la Guinée Bissau ont connu une progression au classement. Mais à côté, la Côte d’ivoire stagne pendant que le Togo, le Ghana, le Niger, le Nigéria, le Mali, la Guinée, le Libéria, la Sierra Léone connaissent des régressions.

En Afrique Australe, la situation est stable en ce qui concerne la liberté de la presse. On note la bonne progression du Zimbabwe (+7). Pendant ce temps, en Afrique orientale, le Kenya et la Tanzanie font bonne figure.

Dans l’ensemble du classement, 6 pays africains sont parmi les 50 premiers, une quinzaine dans les 100 premiers, 14 se situe entre 100 et 150 du classement et 6 pays sont dans la zone noir des 30 derniers du classement mondial.

Si globalement l’Afrique a connu une bonne situation en 2015, on a tout de même connu des reculs dans plusieurs pays qui ont tenté de revenir sur les acquis. C’est le cas du Togo qui a indirectement « repénalisé » le délit de presse dans son nouveau code pénal, censé être un code moderne. 

En clair, l’Afrique doit en même temps continuer sa progression et les pays hostiles à la liberté des médias doivent lâcher du lest pour permettre aux journalistes de mieux faire leur travail.

© OEIL D’AFRIQUE

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