Libre circulation en Afrique : Les policiers plombent l’ambition de l’Uemoa

Libre circulation en Afrique : Les policiers plombent l’ambition de l’Uemoa

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La frontière entre le Mali et le Burkina Faso. AFP.com/Kambou Sia

Depuis plusieurs années, l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) tente de mettre fin à la tracasserie policière au niveau des frontières de ces pays membres afin de promouvoir à la libre circulation des personnes et des biens dans la zone communautaire. Cependant, malgré la signature de nombreux accords, des documents de voyage pour les ressortissants des pays membres, la police des frontières continuent de rendre la vie dure aux populations de la communauté.

Une situation décriée au plus niveau de l’organisation. Mieux, même la communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui est largement impliqué dans le projet de libre circulation des personnes et des biens entre pays membre de l’organisation. Ainsi, du Burkina Faso en passant par le Niger, le Mali et le Sénégal, les policiers raquettes des honnêtes citoyens aux niveaux des frontières et même à l’intérieur du pays d’accueil.

Témoignant sur ce qu’il a vécu en provenance d’Ouagadougou, Harouna Traoré, Agent à Wad Motors, Bamako, « j’ai quitté Bobo-Dioulasso, au Burkina, le 2 janvier 2014 à bord d’un car de la compagnie malienne pour Bamako. Au dernier poste de gendarmerie de Bobo, tous les passagers ont été contrôlés sans problème. Au même poste, la police a collecté les pièces d’identité des Maliens. Mais pas les pièces d’identité des Burkinabé ». Poursuivant, il note, « le chef du poste de la police nous a enjoint, à nous Maliens, de payer chacun 1.000 FCFA ».

Pensant être victime d’une injustice de la part des policiers, il s’est permis de se renseigner auprès de l’agent en lui posant la question de savoir pourquoi nous et pas les Burkinabé ? Et au policier de lui rétorquer, « dites à vos agents d’arrêter de spolier nos compatriotes et alors, nous arrêterons nous aussi! ».

« J’ai payé les 1000 FCFA comme les autres Maliens », a-t-il ajouté. Cependant, reconnaît-il, au premier poste de policier malien, sis à Yèrèmakono, ma surprise fut grande de voir les policiers maliens collecter, à leur tour, les pièces d’identité des Burkinabè et prendre à chacun d’eux 1.000 FCFA.

« A la sortie de Sikasso, ces même Burkinabé ont été enjoints par nos policiers de payer encore 1.000 FCFA chacun. A l’entrée de Bougouni, ils ont été soumis au même paiement individuel de 1.000 FCFA  et cela, sans la moindre justification. J’ai alors compris pourquoi nous avions été rackettés par les policiers burkinabè. Malheureusement pour les passagers Burkinabé, chacun d’eux  paye 3.000 FCFA entre Bobo et Bamako », témoigne-t-il.

Suffisant pour lui d’interpeller les autorités des pays membres de l’Union économique monétaire Ouest africaine (Uemoa) pour qu’ils se penchent sur ce problème qui perdure depuis plusieurs années.

« Au moment où les pays africains veulent aller vers une intégration monétaire et des échanges libres, nos policiers déployés aux postes cités plus haut s’adonnent à des comportements honteux », se désole-t-il.

A l’en croire, « c’est une honte pour le Mali, au moment où nos autorités affichent leur volonté de lutter contre la corruption, la délinquance financière et l’impunité ».

De son côté, M. Toni soutient que nos états signent des accords que les corps habillés viols en vous fixant dans les yeux comme pour vous dire que vous ne pouvez rien contre nous. « Il ne sert à rien de sensibiliser les populations, elles sont les premières victimes », a-t-il précisé.

Par ailleurs, Harza indique de son côté qu’une  enquête serait intéressante pour savoir ce qui se passe entre les frontières de Togo -Bénin et Bénin-Togo. Car souligne-t-il, « à chaque passage, 500f CFA, Avec ça, on parle toujours de libre circulation ».

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Même si le dispositif juridique mis en place par les institutions régionales (UEMOA et CEDEAO) a, certes, permis des progrès importants tels que la suppression du visa entre les Etats membres, l’institution d’un carnet de voyage, l’adoption du passeport CEDEAO, la réduction du nombre de postes de contrôle, force est de reconnaître que beaucoup reste à faire.

Adama Coulibaly

Dakar – Oeildafrique.com


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