Mali : Dioncounda Traoré va-t-il jeter l’éponge ?

Mali : Dioncounda Traoré va-t-il jeter l’éponge ?

Le président malien par intérim Dioncounda Traoré, le 9 mai 2012 à Bamako © AFP/Archives

Lundi 21 mai 2012, une foule en colère force le cordon sécuritaire du Secrétariat général, mitoyen au Palais de Koulouba, où officie le président intérimaire Dioncounda Traoré qui était d’ailleurs en pourparlers avec 3 représentants des manifestants, laquelle foule brise le portail de la bâtisse, et s’en prend physiquement à l’illustre locataire des lieux, un septuagénaire. Son crime ? Avoir d’abord accepté d’assurer la transition pour 40 jours, en mettant du coup sous le boisseau ses ambitions présidentielles, puisqu’en tant que président de l’ADEMA, et occupant du perchoir sous ATT, il avait des chances de gravir la colline du pouvoir le 29 avril dernier, date initiale des élections, d’avant le raccourci militaire.

Son second pêché aux yeux de l’ex-junte est d’être resté à la tête de cette transition sur proposition de la CEDEAO, une attitude assimilée à de l’intelligence avec l’ennemi, désigné sous le nom générique de l’Extérieur et qui s’appelle CEDEAO, médiateur Blaise Compaoré…

Car autant le dire, les putschistes du 22 mars 2012 et une partie des Maliens renâclent à accepter les solutions de la CEDEAO, et même à mots à peine couverts critiquent le n°1 burkinabè, préférant au contraire que les Maliens règlent les problèmes maliens eux-mêmes. Malheureusement, il est évident que les Maliens, au stade actuel, ne peuvent pas résoudre cet embrouillamini politico-militaire eux seuls.

C’est dans cette atmosphère de ni pain ni mie que survint le second accord trompe-l’œil de ce 20 mai 2012, prolongeant l’intérim de Dioncounda, et accordant certains avantages aux putschistes, dont une amnistie.

A peine l’encre de la signature de cet accord a-t-elle séché que des citoyens, officiellement furieux de la reconduction de Dioncounda, le molestent aux yeux et à la barbe des éléments de la garde républicaine commis à sa sécurité. Qui sont derrière ces protestataires ?

Question à un béret vert. On imagine mal que ces mouvements d’humeur sont tout sauf spontanées. Début avril déjà, par ce même stratagème, des centaines de manifestants avaient occupé l’aéroport de Bamako, empêchant les chefs d’Etat de la CEDEAO d’atterrir.

Au demeurant, a-t-on encore besoin de preuve sur l’identité de qui se cache derrière ces mouvements violents après la désignation par la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM, pro-junte) du capitaine Sanogo, comme « président de la transition » ?

Visiblement, ces protestataires ont été stipendiés par les putschistes, dont le chef souffle sur le chaud et le froid.

Dioncounda Traoré peut-il et doit-il poursuivre sa mission ? Humilié comme il l’a été, peut-il encore exercer une quelconque autorité ? Quelle décision prendra-t-il après son check up à Paris ?

En Afrique, un grand chef qui connaît une honte publique se démet ou met fin à ses jours. Dans le cas d’espèce, c’est « la chefferie de blanc », mais tout de même, c’est un Dioncounda « diminué » qui assurera désormais l’intérim.

Poussé d’un côté par la CEDEAO qui l’encourage à poursuivre, et menacé de l’autre côté par la COPAM qui lui intime l’ordre de freiner des 4 fers, Dioncounda Traoré risque le torticolis politique. Physiquement, il a déjà payé un lourd tribut à l’exercice temporaire de cette charge suprême.

Ce n’est pas un démiurge, et il y a l’outrage du temps, il a 70 ans ; il a beau aimer son pays, il y a des limites à tout… C’est sans doute le vœu que nourrissent secrètement ceux qui ont toujours l’accès rapide au palais de Koulouba en ligne de mire.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga

Bona

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L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.


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